Ce vendredi 24 novembre 2017 marque un jour bien spécifique dans le calendrier américain, puisqu’il s’agit du Black Friday. Il arrive le lendemain du repas de Thanksgiving, aussi populaire chez les anglo-saxons que peut l’être Noël chez nous. Depuis des années, et débutant aux Etats-Unis, le Black Friday se réfère au jour où les revendeurs se décident à mettre en vente tous leurs produits avec d’énormes rabais, permettant aux consommateurs de profiter des meilleures offres possibles. Les images de l’événement diffusées sur les TVs ou sur Internet sont mémorables. Foules en délire, duels pour tel ou tel produit, course contre la montre, le Black Friday marque les esprits, même lorsque l’on n’y participe pas. Et histoire d’en savoir plus sur ce phénomène venu d’outre-Atlantique, découvrez ses origines, ses controverses, mais également ses records et ses dérives.

Les origines

Bien évidemment, les origines du Black Friday proviennent des Etats-Unis. En cherchant un peu sur la toile, on trouve plusieurs origines au lendemain de Thanksgiving, certaines plus logiques que d’autres. En fonction des décennies, sa provenance a varié, délaissant ses origines à consonances négatives et se forçant à adopter un regard neuf et signe de bonne santé, notamment envers les revendeurs. Selon Ben Zimmer, éditorialiste du Wall Street Journal ayant travaillé pour le New-York Times et le Boston Globe, le Black Friday trouverait ses racines dans les années 50. Dans une étude sur le Black Friday menée par Bonnie Taylor-Blake, la première évocation du “Black Friday” se référant directement au lendemain de Thanksgiving remonte à novembre 1951, dans un article titré “Friday After Thanksgiving”. L’article traitait de l’absentéisme des travailleurs dans le milieu industriel à cette date précise.

Il faut avancer jusqu’aux débuts des années 1960 pour lui trouver une signification plus précise. Le terme de “Black Friday” ou vendredi noir en français, se réfère davantage aux trafics routiers de la ville de Philadelphie plutôt qu’à l’économie pure et dure. En 1994, dans un article pour The Philadelphia Inquirer, le journaliste Joseph P. Barrett revient sur la façon dont il a aidé à populariser les termes de Black Friday. Ce serait en 1959, le journal Evening Bulletin l’avait assigné à l’administration de la police pour y couvrir l’actualité du lendemain de Thanksgiving. Avec le reporter Nathan Kleger, ils ont rédigé une Une titrée via des termes utilisés par les policiers : “Black Friday”, décrivant l’énorme affluence routière du vendredi, comme Bison Futé peut décrire les trafics via des couleurs par chez nous.

Jusqu’ici, le Black Friday se réfère davantage à des événements négatifs comme l’affluence routière à son paroxysme, qu’à des idées joyeuses dans la tête des consommateurs. Histoire de changer la donne, les revendeurs ont souhaité lui trouver une autre origine, touchant davantage au domaine économique, et plus joyeuse qu’à l’accoutumée. C’est dans les années 1980 que cette nouvelle provenance est trouvée : lorsque les revendeurs commençaient à faire des profits, passant alors du rouge au noir, “back to black” en anglais. Avec des connotations plus positives, les revendeurs ont pu allouer une nouvelle idée autour de cette date, survenant juste après un dîner en famille, Thanksgiving.

Les controverses

Même si le Black Friday est appréciable vu de l’extérieur, de part ses réductions avenantes et ses offres promotionnelles, dans les coulisses, la fête n’est pas au rendez-vous. Nombre de plaintes ont été déposées à l’encontre des revendeurs, notamment par les employés, à cause des demandes en provenance de leurs employeurs. Pour Thanksgiving et le Black Friday, les employés étaient parfois obligés d’allonger leurs horaires. Dans certains cas, des menaces avaient même été formulées, les forçant à travailler davantage pour éviter le licenciement.

En 2013, dans un article du Daily Cougar, le journaliste Andrea Pizzolo dénonçait les pratiques abusives des constructeurs de matériel high-tech, fabriquant des produits spécifiquement pour le Black Friday, dotés de caractéristiques moindres. Ainsi, les marges étaient moins en leur défaveur et le profit plus “raisonnable”.

Même si le manque de personnel dû à l’affluence record de clients se faisait ressentir chez certains revendeurs, aucune main d’oeuvre supplémentaire n’était recruté pour l’occasion, laissant les employés sur place faire face à des vagues de clients parfois en colère, pouvant amener à des problèmes de sécurité et de santé.

Chaque année, les foules affluent dans les magasins à l’occasion du Black Friday. Les consommateurs peuvent y devenir violent, en quête de la meilleure offre. L’inattention prime et avec, les accidents arrivent. Depuis 2006, 10 morts et 105 blessés ont été recensés. En 2016, dans la ville de San Antonio, Isidro Zarate, 39 ans, est décédé d’une balle dans le cou après avoir tenté d’empêcher un homme de battre une femme sur le parking d’un Walmart, rapporte le Washington Post. Après s’être confronté à lui, l’agresseur s’est saisi de son pistolet et a commencé à tirer sur lui. Une balle l’atteint au cou, il décède sur le parking.

Dérivés et records

Vous l’avez vu, mais le Black Friday ne prend plus place seulement aux Etats-Unis maintenant. Les revendeurs high-tech comme la FNAC ou Darty ont été les premiers dans l’Hexagone à proposer des offres, en ligne au départ. D’autres ont alors suivi, poussés par le succès de l’opération. Depuis, le Black Friday ne se déroule plus sur un seul jour, voire un week-end, mais plutôt sur une semaine. La semaine dernière, des offres étaient déjà publiées sur certains sites, permettant à certains internautes d’en profiter en avance.

D’autres dates ont alors suivi celle du Black Friday. Parmi elles, on retrouve le Cyber Monday, qui débute ce lundi 27 novembre et qui concerne principalement les ventes sur Internet en France. Outre-Atlantique, cette date a été créée pour permettre aux employés trop occupés durant le week-end ou n’ayant pas encore trouvé leur bonheur de bénéficier de davantage de temps avant de faire leur choix définitif.

Les deux dates ont également été associées à une autre, la Cyber Week. Dans un édito du Huffington Post datant du 20 novembre 2013, Peter Greenberg décrit cette semaine comme celle de la Cyber Week. Un moyen d’éviter la foule du vendredi et du week-end, et de pouvoir profiter d’offres intéressantes sans avoir à se faire la guerre entre clients.

Aux Etats-Unis, c’est la National Retail Federation qui s’occupe de recueillir les chiffres de ventes ainsi que l’affluence pour le Black Friday. Les chiffres concernent le jeudi de Thanksgiving, le Black Friday, le samedi ainsi que les dépenses présumées du dimanche. Le record d’affluence remonte à 2013 où 249 millions de consommateurs s’étaient donnés rendez-vous dans les allées. Concernant la dépense moyenne la plus élevée ainsi que le total dépensé, c’est en 2012 qu’il faut se rendre, avec 423.66$ de moyenne pour un total de 59.1 milliards de dollars.

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Source/Hitek
Photo/Hitek
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