PORT-AU-PRINCE – A l’annonce de l’organisation de 4 nouvelles journées de mobilisation a Port-au-Prince pour exiger un ajustement du salaire minimum à 1000 gourdes dans les usines de la sous-traitance, les industriels ont-ils répondu par la menace de 800 licenciements?

Moins de 24 heures après la confirmation des 4 nouvelles journées de mobilisation annoncées par des organisations syndicales évoluant dans le secteur de la sous-traitance, le président de l’association des industries d’Haïti, Georges Barreau Sassine a annoncé que la compagnie coréenne Wilbes, s’apprêtait à licencier jusqu’à 800 employés.

S’il est vrai que M. Sassine a affirmé que cette vague de licenciements qui interviendra au cours du mois de juin, est une conséquence des incidents survenus lors des mouvements de protestation des ouvriers les 21 et 22 mai dernier, cela sonne, pour plus d’un, comme une forme de menace sur l’impact que risque d’avoir de nouvelles manifestations d’ouvriers sur le secteur.

M. Sassine explique que des représentants de l’entreprise américaine Under Armour avaient été pris en otage lors des manifestations du mois de mai et d’ajouter que Wilbes qui fait affaire avec cette entreprise n’avait pas été en mesure de livrer à temps ses commandes.

Nous avons environ 50 mille emplois dans le secteur de la sous-traitance qui représente plus 98% des exportations d’Haiti, a souligné Georges Sassine qui affirme reconnaitre qu’un ouvrier ne peut pas vivre avec le salaire journalier de 350 gourdes, mais c’est tout ce que nous pouvons offrir, a-t-il dit.

Ce mardi, le dossier du salaire minimum était au centre des discussions entre les membres de la commission “affaires étrangères” du sénat et une délégation du forum économique du secteur privé.

L’occasion pour son coordonnateur, Bernard Craan, de réaffirmer la volonté de la classe des affaires de s’aligner sur la décision de l’exécutif en ce qui a trait à la fixation prochaine du salaire minimum, sur recommandation du CSS, le conseil supérieur des salaires.

Il affirme également que les industriels sont prêts à discuter avec les représentants des syndicats autour des mesures d’accompagnement qui leur avait été promises.

Le respect des promesses d’accompagnement, c’est entre autres ce que comptent exiger les ouvriers lors des manifestations prévues les 11, 12, 13 et 14 juin prochain, selon Dominique St-Eloi de la CNOA, la coordination nationale des ouvriers haïtiens.

Nous allons exiger un salaire minimum de 1000 gourdes et dénoncer les “mensonges” du président Jovenel Moise qui avait promis l’an dernier aux ouvriers, 400 autobus, des logements sociaux et une subvention pour la nourriture. Des promesses qui, jusqu’ici, sont restées lettres mortes, a-t-il dit.

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Source/Haiti Press Network
Photo/Archives
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