JÉRÉMIE – Dans le département de la Grande-Anse, véritable grenier de la République d’Haïti, ravagé par l’ouragan Matthew, l’aide arrive au compte-gouttes.

A la porte de la petite église La Croisade, deux policiers armés de fusil et encagoulés sous leur casque de combat montent la garde. Mieux vaut pour eux garder l’anonymat. Dix jours après le passage de l’ouragan Matthew et ses vents à 230 km/h sur leur petite République d’Haïti, dans la nuit du 3 au 4 octobre, ils assurent le maintien de l’ordre lors d’une distribution de produits de première nécessité à Moron, dans le département de la Grande-Anse, un des plus touchés du pays.

C’est peu dire que leur mission est délicate. La commune est située à une trentaine de kilomètres, soit une heure de mauvaise route non goudronnée, de Jérémie, principale ville de la Grande-Anse, dévastée elle aussi. A l’intérieur de la nef de l’église, des responsables de l’ONG américaine Care, aidés d’élus locaux, ont poussé bancs et prie-Dieu pour entasser du matériel d’aide d’urgence extrait de deux camions de taille modeste.

Il y a là quatre cents bâches de protection, munies des cordelettes qui serviront à les fixer sur ce qui reste des maisons en ruines, et deux cents kits hygiéniques : des seaux en plastique à couvercle garnis de brosses à dents, dentifrice, papier toilette, protections périodiques, pains de savon et de lessive. Ils contiennent aussi des pastilles de chlore pour désinfecter l’eau, car le choléra fait des ravages.

Cris de déception
Les travailleurs humanitaires le savent aussi bien que la marée humaine qui fait le siège du petit édifice religieux : le compte n’y est pas. Seule une dérisoire fraction des 4 985 familles habitant la commune sera servie…

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Source/Le Monde
Photo/Le Monde
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