PORT-AU-PRINCE – Le Premier ministre Ariel Henry a procédé à l’installation de la quatrième judicature ce vendredi, à l’École de la magistrature. Des discussions initiées par les associations des magistrats ont poussé le chef du gouvernement à résoudre cette crise. Pour celui-ci, son « devoir est de mettre notre pays sur les rails de la démocratie et de l’État de droit ».

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a été installé ce vendredi avec trois mois de retard. La cérémonie, qui était prévue le 3 juillet, n’avait pas pu se dérouler en raison du décès du président de la Cour de cassation de la République, également président du CSPJ, ainsi que de l’assassinat du chef de l’État. Les procédures tracées par la loi du 13 novembre 2007 étaient inapplicables.

« Quand le problème a été porté à ma connaissance, j’ai cru indispensable d’engager des consultations avec tous les acteurs du système judiciaire. J’ai ainsi rencontré les syndicats de magistrats, la Fédération des barreaux, les juges de la cour de cassation, les représentants des greffiers, les commissaires du gouvernement », a fait savoir le Premier ministre à la cérémonie d’installation.

Après avoir recueilli les avis des uns et des autres, a enchaîné Ariel Henry, j’ai compris qu’il y avait un consensus suffisant sur le fait qu’il fallait tout faire pour éviter que le système judiciaire ne soit complètement bloqué. « J’ai aussi accordé une délégation de signature au secrétaire technique pour faciliter le déblocage de fonds en faveur des membres du secteur judiciaire », a indiqué le chef du gouvernement, selon qui l’existence du pouvoir judiciaire est la garantie de l’indépendance des juges.

Le CSPJ constitue à mes yeux un pilier essentiel dans la consolidation des acquis démocratiques et du principe de la séparation des pouvoirs, a confié le docteur Henry. Soulignant que les institutions démocratiques du pays sont dysfonctionnelles, il a étalé sa responsabilité : « mon devoir est de remettre notre pays sur les rails de la démocratie et de l’État de droit. »

Le Premier ministre Ariel Henry a poursuivi son allocution en ces termes : « En commençant par rendre le CSPJ fonctionnel, j’ai voulu lancer un signal fort que notre pays est en route pour revenir à un fonctionnement normal de nos institutions. Ariel Henry a concédé qu’il reste encore beaucoup à faire, mais il a rappelé que c’est le premier pas qui coûte. En ce sens, il a promis de mettre les bouchées doubles avec le CSPJ afin de mettre le système judiciaire en état de marche.

« Vous prenez fonction à un moment où nos concitoyens s’interrogent sur notre justice. Il est essentiel que les suspicions sur nos juges cessent. Les Haïtiens et les Haïtiennes doivent retrouver la confiance en la justice de notre pays », a-t-il dit à l’attention des magistrats, ajoutant que tous les yeux du pays sont fixés sur les membres du CSPJ qui ont la lourde tâche de gérer le système et d’assurer la discipline parmi les juges.

En des termes clairs, le Premier ministre a recommandé à la 4e judicature de remplir sa mission. « C’est votre responsabilité de sanctionner ceux qui s’égarent du droit chemin car vous devez montrer à la population qu’aucun écart ne sera toléré et que vous êtes déterminés à éradiquer la corruption dans la justice haïtienne », a exhorté le chef du gouvernement.

Selon Ariel Hanry, les tâches qui attendent les conseillers sont nombreuses et souvent délicates. Mais il a dit avoir l’assurance qu’ils mériteront la confiance que leurs pairs placent en eux. « Il vous incombe de continuer et parachever les chantiers en cours, également d’inaugurer d’autres pour la bonne marche du système », a conseillé M. Henry. Parallèlement, il a dit conjurer les magistrats à continuer le combat entamé par leurs devanciers jusqu’à l’effectivité du pouvoir judiciaire.

En la circonstance, Ariel Henry a salué les conseillers sortants et dit espérer que l’administration centrale du Conseil continuera à collaborer avec les nouveaux conseillers. Pour lui, les justiciables ont faim et soif de justice, trop de dossiers sont actuellement en souffrance et trop de détenus croupissent derrière les barreaux depuis plusieurs années sans avoir été entendus et fixés sur leur sort.

Ainsi croit-il que le CSPJ […] doit donner le ton et faire en sorte que la justice réponde à sa mission sacro-sainte. Tous ensemble, appelle le Premier ministre, engageons-nous donc à donner à la justice ses lettres de noblesse.

Source/Le Nouvelliste
Photo/La Primature
www.anmwe.com