PORT-AU-PRINCE – Le président Jovenel Moïse continue de s’accrocher à sa promesse d’électrifier le pays avant de quitter le pouvoir. Ce vendredi, un bateau transportant 2 turbines à gaz de capacité totale de 60 mégawatts en provenance de General Electric, a accosté à la rade de Port-au-Prince. Le chef de l’État, accompagné de plusieurs membres de son gouvernement, notamment du directeur général de l’EDH, Michel Présumé, du coordonnateur de l’ANARSE, Évenson Calixte, s’est rendu au port Clerié, terminal de Martissant, pour aller recevoir les deux turbines. Jovenel Moïse a ensuite autorisé leur transport vers la centrale électrique de Carrefour.

À la centrale de Carrefour, où seront placées les deux turbines, le président Jovenel Moïse n’a pas pu cacher sa joie de voir que la promesse phare de son quinquennat était sur le point d’être concrétisée. « Je remercie la population qui a été patiente avant la concrétisation de ce projet. Le peuple a cru en moi malgré les campagnes de manipulation. Il savait que je ne mentais pas et que j’allais quand même tenir ma promesse », a-t-il fait savoir devant plusieurs dizaines de résidents de la commune de Carrefour venus l’applaudir.

Le Nouvelliste a constaté que des travaux pour installer les nouvelles turbines étaient en cours à la centrale de Carrefour. Pour l’heure, souligne le président Moïse, la capacité de production de la nouvelle centrale sera de 60 mégawatts pour cette première phase. Cependant, ajoute-t-il, il y aura une deuxième phase qui sera aussi de 60 mégawatts. « À la fin nous aurons 120 mégawatts. La première phase coûtera plus de 57 millions de dollars américains. Le coût total est de 120 millions de dollars américains. », a-t-il promis.

Fidèle à la ligne qu’il a adopté depuis plus d’un an, Jovenel Moïse ne s’est pas privé de s’en prendre à ceux qui s’opposent à son projet. « Tout moun ki konnen yo te ka kenbe peyi a nan blackout, mwen vle mete yo okouran yo pran nan kouran. Personne ne peut barrer la route au train de l’électricité. Depi w kanpe devan tren pèp la, tren kouran an ap pase sou ou », a menacé Jovenel Moïse, annonçant que le pays sera électrifié 24 heures sur 24 avant de quitter le pouvoir. Dans le même temps, il a invité tous les acteurs à se joindre à lui pour sortir Haïti du black-out.

Jovenel Moïse a demandé aux riverains de Carrefour de rester vigilants afin de protéger le chantier. Il leur a demandé de s’en prendre aux éventuels fauteurs de troubles qui pourraient venir saboter les travaux. « Je vous demande de protéger les étrangers qui vont travailler sur le site. Je sais qu’il y a des individus malintentionnés qui vont venir semer la pagaille ici. Se pou nou zongle yo depi nou wè yo vini la, pichkannen yo. Mwen konnen moun Kafou pa nan jwèt. Pa gen jwèt la a », s’est-il exclamé.

Jovenel Moïse s’est félicité d’avoir engagé la firme General Electric, une référence dans ce domaine. « J’ai engagé la plus grande compagnie dans le monde dans le domaine de l’énergie électrique. Personne n’est meilleur que cette firme dans cette technologie. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est que le début », s’est-il félicité.

Pour sa part, Eric Gray, vice-président Amérique de General Electric, se réjouit de ce que son entreprise soit partenaire avec le gouvernement haïtien en vue de fournir de l’énergie électrique à la population. « Notre mission, c’est d’apporter de l’électricité à tout le monde et aussi de s’assurer du bien-être de la population. Ce sera important pour les écoles, les hôpitaux et pour l’économie haïtienne qui va se développer. Au nom de General Electric, je remercie le gouvernement haïtien qui nous a permis d’être son partenaire sur ce projet. Avec ce contrat, nous allons pouvoir fournir 60 mégawatts d’énergie électrique d’ici fin avril et début mai 2021. Chaque turbine qui va fournir de l’électricité apportera de la stabilité au réseau d’Haïti », a-t-il promis.

Selon une fiche technique fournie par GE, la solution d’alimentation électrique rapide TM2500 permet aux États, aux fournisseurs d’électricité et de gaz ainsi qu’aux entreprises du monde entier de satisfaire leurs besoins en production d’électricité en quelques jours. Grâce à leur concept modulaire, leur vitesse d’installation et leurs délais de production rapide, ces unités peuvent généralement être prêtes à l’exploitation commerciale environ 30 jours après avoir été commandées. Les turbines ont la possibilité de fonctionner au gaz et/ou combustible liquide. Leur nature mobile leur permet d’être redéployées sur d’autres sites lorsqu’elles ne sont plus nécessaires sur le site initial.

Source/Le Nouvelliste
Photo/Le Nouvelliste
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