PORT-AU-PRINCE – À Village Solidarité, dans la commune de Delmas, et à Chalon, dans la commune de Miragoâne, les habitants se sont catégoriquement opposés à l’ouverture de centres de prise en charge des personnes infectées par le coronavirus. Les responsables de l’hôpital Bernard Mevs ont dû faire machine arrière alors que tous les équipements nécessaires au centre de prise en charge sont disponibles…

Ce nouveau centre de prise en charge de Covid-19 devait être doté de 20 lits et équipé de respirateurs artificiels, entre autres. Visiblement mal informés du mode de transmission du Covid-19, les habitants de Village Solidarité craignent que l’établissement dans leur quartier d’un centre de prise en charge du coronavirus soit un moyen de propagation du virus dans la région. Ils ont donc manifesté et exigé l’interruption du projet.

« Les gens craignent surtout qu’en fréquentant l’hôpital et ses environs ils ne soient contaminés par le Coronavirus. Ils ne sont pas bien informés des modes de transmission du virus. Nous ne sommes pas tous contre l’aménagement du centre dans la zone, mais la voix de ceux qui ont gagné les rues et menacé l’hôpital a beaucoup plus d’écho… », a fait savoir au Nouvelliste un habitant de la zone de Village Solidarité.

Selon l’administratrice de l’hôpital Bernard Mevs, les responsables du centre hospitalier avaient rencontré des groupes organisés de Village Solidarité. Au cours de cette rencontre, « ils ont exprimé leurs inquiétudes sur le centre de prise en charge de personnes infectées par le Covid-19. Les frères Bitar qui dirigent l’hôpital ont décidé de stopper le programme », fait savoir sur radio Magik 9 Katleen Séjour, soulignant que les responsables de l’hôpital n’entendent pas entrer en conflit avec les habitants de la zone.

Cependant, madame Séjour a fait savoir que l’argent obtenu à travers la collecte de fonds organisée par Dream Promo, Kreyòl La et Chokarella qui devait aider à la prise en charge des personnes infectées par le coronavirus servira à renforcer la capacité de l’hôpital qui continue à desservir la communauté.

À Miragoâne, des habitants se sont aussi opposés à l’ouverture d’un centre de prise en charge de coronavirus dans une ancienne base de la MINUSTAH pour pratiquement les mêmes raisons.

Plus d’un mois après la découverte du virus dans le pays et alors que le Covid-19 a déjà fait six morts et infectés officiellement 76 personnes, des membres de la population continuent de mettre en doute l’existence de la maladie.

Dans une adresse à la nation le lundi 27 avril dernier, le chef de l’État avait exprimé ses sympathies à l’égard des personnes testées positives au coronavirus et qui font l’objet de stigmatisation et de menaces de mort. « Les autorités et moi, nous n’allons pas tolérer ces comportements qui ne respectent pas la loi et les droits humains », avait fulminé Jovenel Moïse tout en instruisant la justice à sévir contre tous ceux qui s’en prennent aux victimes du coronavirus.

Plus d’un mois depuis que le coronavirus se propage dans le pays, le président de la République tente encore de convaincre la population sur l’existence du Covid-19. Jovenel Moïse a plus loin appelé la population à ne pas négliger le port de masque dans les lieux publics et à respecter les principes d’hygiène et les mesures barrières pour éviter la propagation du virus.

Source/Le Nouvelliste
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