PORT-AU-PRINCE – Des mercenaires colombiens, soupçonnés d’être impliqués dans l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, affirment avoir été recrutés pour le capturer et le remettre à l’Agence antidrogue américaine (DEA), selon les autorités colombiennes, qui n’excluent pas qu’ils aient été trompés.

Le plan, selon la version de ces mercenaires, était «d’organiser l’arrestation du président et de le mettre à la disposition, c’est ce qu’ils disent (…), de la DEA», a déclaré jeudi en conférence de presse le général Jorge Vargas, chef de la police colombienne.

Les mercenaires ont fait ces déclarations à la police haïtienne, a-t-il précisé. Cette dernière mène l’enquête, avec le soutien de la police colombienne, sur l’assassinat le 7 juillet du président Moïse à son domicile à Port-au-Prince.

M. Vargas n’a pas donné davantage de détails sur les déclarations des mercenaires concernant la planification de l’arrestation du chef de l’Etat haïtien, ni la relation présumée avec la DEA.

Il a cependant suggéré que certains mercenaires avaient pu être trompés et que seuls quelques-uns connaissaient l’objectif criminel de l’opération.

Selon lui, le commando armé, dont trois membres ont été tués par la police haïtienne, s’était divisé en deux groupes : l’un formé de sept hommes qui ont donné l’assaut à la résidence présidentielle, «où il n’y a pas eu d’arrestation (…) mais la mort du président», et un autre pour les appuyer.

Jeudi, le président colombien Ivan Duque a estimé que «tout porte à croire» que seuls certains des mercenaires colombiens qui se sont rendus à Haïti connaissaient l’objectif réel de l’opération.

«Un groupe important (de Colombiens) a été emmené avec une supposée mission de protection. Mais au sein de ce groupe, il y a un groupe plus petit qui avait apparemment une connaissance détaillée de ce qui s’avèrerait une opération criminelle», a déclaré M. Duque à la radio locale La FM.

Haïti, pays de 11 millions d’habitants, le plus pauvre d’Amérique, est gangréné par des gangs armés qui imposent leur loi face à des institutions dysfonctionnelles.

La confusion règne sur les circonstances et raisons de l’assassinat du chef de l’Etat, décrié pour sa dérive autoritaire, alors que plusieurs responsables se disputent la direction du gouvernement.

Selon la police haïtienne, l’assassinat a été planifié depuis la République dominicaine voisine, notamment par un ex-sénateur haïtien, Joël John Joseph, et Christian Emmanuel Sanon, un Haïtien venu de Floride.

Ce dernier a été arrêté, ainsi qu’une vingtaine d’autres personnes, dont 18 Colombiens et trois Haïtiens (deux ayant aussi la nationalité américaine).

Source/AFP
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