PORT-AU-PRINCE – Quelques heures après le rejet de l’énoncé de politique générale de Fritz-Alphonse Jean par la Chambre des députés, dimanche, le président provisoire de la République s’est entretenu au téléphone avec le président de la Chambre des députés, Cholzer Chancy, et le sénateur Youri Latortue sur le choix d’un autre chef de gouvernement. Hier lundi, Jocelerme Privert et les responsables de blocs au Parlement ont discuté sur le nom de Enex Jean-Charles comme éventuel Premier ministre, a appris Le Nouvelliste de sources parlementaires et du palais national.

« Mon nom est sur une liste (NDLR : liste de premiers ministrables), a confirmé au Nouvelliste Enex Jean-Charles joint au téléphone lundi soir. Je ne peux pas me permettre de dire que je suis le mieux placé. Même s’il y a des discussions, il faut qu’il y ait un consensus. Ce que je sais simplement, c’est que mon nom est sur une liste et il y a des discussions autour de cela », a-t-il avancé avec beaucoup de prudence.

Conscient de la réalité politique du pays, Enex Jean-Charles ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs et il l’a dit au journal. Pour avoir ses entrées au palais national depuis 1988 et avoir été proche conseiller des anciens présidents Boniface Alexandre, René Préval et Michel Martelly, Enex Jean-Charles est très connu dans le mileu. Il a beaucoup d’amis au Parlement et dans la classe politique. Des ennemis aussi. Il est conscient de ses avantages et des inconvénients, mais continue de jouer la carte de la prudence. Il a indiqué au Nouvelliste qu’il se prononcerait sur cette situation après sa nomination par le chef de l’Etat, si ça se trouvait.

Fritz-Alphonse Jean c’est donc de l’histoire ancienne. Le chef de l’Etat et les parlementaires passent à autre chose. Le président de la République s’est entretenu, lundi, avec les responsables de tous les blocs au Parlement sur le choix de Enex Jean-Charles comme Premier ministre. « Il devrait être nommé ce soir (lundi) ou demain mardi », a confié au Nouvelliste un conseiller de Jocelerme Privert. « Cette semaine, avant Pâques, on doit avoir un Premier ministre et un gouvernement voté par le Parlement », a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat.

Selon notre source proche du chef de l’Etat qui a suivi les négociations, l’exécutif va conserver au moins quatre ministères régaliens comme la Justice, l’Economie et les Finances, l’Intérieur et les Affaires étrangères. Les sénateurs et les députés auront la possibilité de proposer des noms pour six ministères. Comme il s’agit d’un gouvernement de consensus, les partis politiques, les membres de la société civile et le secteur privé des affaires feront également partie du gouvernement.

Jocelerme Privert s’est entretenu, lundi, avec le sénateur Youri Latortue, le puissant chef de file du bloc minoritaire au Sénat, des membres de l’APH, le bloc majoritaire à la Chambre des députés et des membres des deux blocs minoritaires ; le GPI et le GPEP sur le choix de Enex Jean-Charles.

Selon les prévisions du palais national dans les négociations avec les parlementaires, a rapporté notre source, Enex Jean-Charles devrait se présenter tour à tour dans les deux chambres mercredi et jeudi pour le vote de l’énoncé de sa politique générale.

Sur la courte liste des premiers ministrables on retrouve aussi des noms comme Edgard Leblanc Fils, Mirlande Manigat et Ericq Pierre, tous des noms qui reviennent à nouveau. Il faut rappeler que Enex Jean-Charles avait été nommé ministre de la Planification et de la Coopération externe au gouvernement de Fritz Jean.

Parallèlement au choix d’un nouveau Premier ministre, la question de la signature d’un nouvel accord politique a été agitée dans plusieurs rencontres au palais national. Aujourd’hui, selon des acteurs politiques, il est impossible d’avoir des élections le 24 avril, soit dans un mois comme le veut l’accord du 5 février.

Le nouveau gouvernement permettra la nomination des neuf membres du Conseil électoral provisoire déjà connus. Le nouveau CEP, avant de mettre la machine électorale en branle, devra attendre le rapport de la commission d’évaluation électorale exigée par la plupart des partis politiques. Face à tous ces préalables, personne ne peut dire avec certitude la date de la réalisation des élections ni quelles élections pour quels candidats…

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Source/Radio Caraibes/Le Nouvelliste
Photo/Archives
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