PORT-AU-PRINCE – Le président Jovenel Moïse devrait démissionner, s’il lutte vraiment contre la corruption en Haïti, estime l’activiste et écrivain franco-béninois Kemi Seba [1], en visite de solidarité avec la lutte menée en Haïti par les petrochallengers contre la corruption et le pouvoir en place.

« Qu’est-ce qui empêche le président Jovenel Moïse de démissionner et de rejoindre la société civile, s’il estime qu’il y a trop de pesanteur structurelle autour de lui » ?, se demande le président et fondateur de l’Organisation non gouvernementale (Ong) Urgences panafricanistes, invité à l’émission TiChèzBa sur AlterRadio 106.1 FM.

« C’est trop facile de dire que vous n’êtes pas libres dans ce système. Mais, vous prenez les avantages de ce système », fustige-t-il, faisant référence, entre autres, à un discours, prononcé, en octobre 2019, par Jovenel Moïse, durant lequel il avait pointé du doigt un « système » corsé, qui bloquerait le pays.

Il rappelle que Jovenel Moïse a été amené sur la scène politique par l’ancien président Michel Martelly, un des symboles de la corruption. Donc, il ne saurait prétendre lutter contre ce phénomène, argue-t-il.

« Le président haïtien fait partie prenante du problème, alors qu’il tente de faire croire qu’il ferait partie de la solution », relève le panafricaniste.

Des mobilisations réclamant le départ de Jovenel Moïse se sont intensifiées à travers le pays depuis le dimanche 15 septembre, bloquant pendant environ 2 mois les activités.

La visite de Kémi Séba en Haïti répond à un appel, venant des citoyennes et citoyens du mouvement des Petrochallengers, dans une démarche visant à soutenir la lutte contre la corruption.

Le panafricaniste est venu partager, avec les Petrochallengers, un ensemble de réflexions et de conseils méthodologiques, par rapport au combat qu’il mène en Afrique. Il apporte aussi le soutien humanitaire de son Ong Urgences Panafricanistes.

« Quand Haïti était debout, elle a éclairé le monde noir dans sa globalité. Aujourd’hui, Haïti chérie est blessée, dépouillée. Il faut que le panafricanisme puisse être dans une démarche de la soutenir », préconise-t-il.

Né, le 9 décembre 1981, à Strasbourg (France), le Franco-béninois Kémi Séba mène, depuis quelque temps, en Afrique, une lutte contre le franc Cfa et le manque de souveraineté monétaire, qui touche les pays d’Afrique francophone.

[1] De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi

Source/AlterPresse
Photo/AlterPresse
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