PORT-AU-PRINCE – Le verdict est sans appel. Le Centre ambulancier national dont la mission est de sauver des vies en cas d’accident, d’incendie ou de catastrophe naturelle est fermé provisoirement au niveau central pour restructuration. Lors d’un point de presse tenu dans les locaux du MSPP à 12h, la ministre de la Santé a annoncé la nouvelle, pendant que plusieurs dizaines d’employés étaient dans les rues de Port-au-Prince pour exiger le paiement des arriérés de salaire, leur lettre de nomination, un dortoir, de meilleures conditions de travail…

Cette décision, justifie la ministre dans un communiqué, fait suite à une dernière évaluation mettant en évidence le dysfonctionnement de cette institution surtout en termes de moyens logistiques. Le CAN a été inauguré en 2012 avec une flotte de 30 véhicules des suites d’un accord signé le 27 mars 2010, entre les gouvernements haïtien, brésilien et cubain, sur la coopération sanitaire. « Aujourd’hui, il n’y a que trois véhicules qui sont opérationnels. Huit sont au garage et sept sont installés dans la cour du CAN », a détaillé la ministre, précisant par ailleurs qu’au centre de Port-au-Prince 443 personnes y travaillent, dont 80 chauffeurs pour seulement trois ambulances en fonction, 84 secouristes, 47 réceptionnistes, 92 infirmières…

Durant la fermeture, une cellule d’urgence sera mise en place pour assurer un minimum de services et la population sera informée de son mode de fonctionnement, selon le communiqué. La ministre a annoncé que les institutions telles la secrétairerie d’État à la Sécurité publique et la Croix-Rouge haïtienne assureront la relève en attendant la remise en fonctionnement du CAN.

D’un autre côté, Eddy Jean-Baptiste, chef de cabinet de la ministre, a annoncé que le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) respecterait les contrats qui ont été signés entre les employés et le MSPP. Donc le personnel percevra ses honoraires jusqu’en septembre prochain. Par ailleurs, il a fait savoir que la restructuration se ferait sur la base d’ancienneté, de compétence, de volume (gamme) de services que doit offrir l’institution.

Pour le directeur actuel du CAN, le Dr Rudolph Prudent, le moment est mal choisi pour prendre cette décision. Joint par le journal, le docteur Prudent a dit souhaiter que les autorités ne prennent pas des mesures visant à révoquer les employés. « On ne peut pas révoquer quelqu’un alors que ses revendications sont justes », a déclaré le Dr Rudolph Prudent.

Les employés dans les rues

Vêtus de leur uniforme bleu à rayures vertes, pancartes en main, plusieurs dizaines d’employés du CAN ont marché dans plusieurs artères de Port-au-Prince ce lundi. Lançant des slogans hostiles à l’endroit des autorités sanitaires, les manifestants ont dénoncé le mauvais traitement qu’ils subissent. « Cela fait plusieurs années qu’on demande un dortoir. On n’a pas d’endroit où se changer. Il y a certains parmi nous qui travaillent au CAN depuis cinq ans. Et jusqu’à cette date, on n’est pas nommés. les autorités font fi totalement de nos revendications », ont expliqué les manifestants, qui se sont rendus devant le Parlement.

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Source/Le Nouvelliste
Photo/Haiti
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