Le fait que 57% de la population ait moins de 24 ans est un grand potentiel pour la croissance économique du pays, mais uniquement si les jeunes ont accès à l´éducation, à la santé et aux opportunités d´emploi.

-L´ONU célèbre la Journée Mondiale de la Population avec les institutions d´Haïti autour du thème « Investir dans les adolescentes »

Port-au-Prince, le 8 juillet 2016- À l´occasion de la Journée Mondiale de la Population célébrée le lundi 11 juillet 2016, les Nations Unies en Haïti réaffirment leur soutien au pays pour investir dans la jeunesse, notamment les filles adolescentes, comme un des facteurs clés pour avancer dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) et pour la croissance socioéconomique d’ Haiti.

Le Secrétariat d´Etat à la Population et l’UNFPA – de concert avec les autres agences du système des Nations Unies, le Programme des Volontaires des Nations Unies et la MINUSTAH, célèbrent cette année la Journée Mondiale de la Population autour du thème « Investir dans les adolescentes ». La célébration de l´évènement se tiendra le lundi 11 juillet en présence de plusieurs Ministres du Gouvernement et de la représentante de l’UNFPA en Haïti.

57% de la population haïtienne a moins de 24 ans (6,2 sur 10,9 millions d’habitants) et cette caractéristique renferme un grand potentiel de développement et de croissance économique si les jeunes ont accès à une bonne éducation, aux services de santé, notamment la santé sexuelle et reproductive, et aux opportunités d´emploi.
Néanmoins, selon la représentante du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Marielle Sander, investir dans les droits des jeunes filles pour leur permettre de planifier leur famille comme elles le souhaitent est indispensable pour profiter de ce potentiel de croissance et pour que l´Etat soit en mesure de faciliter les services de base à la population. « Pour la croissance économique et pour le développement d´Haïti, il est très important que chaque jeune fille ait le droit de contrôler son corps et son avenir. Une grossesse par choix, et non pas par le fruit du hasard ». Aujourd´hui, en Haïti, 11% des adolescentes ont eu au moins un enfant.

Selon les études de l’UNFPA, chaque dollar investi dans l´éducation des jeunes dans la région des Caraïbes a un rendement de 12,7% par année additionnelle à l´école. Ce bénéfice est encore plus élevé pour les jeunes filles ayant accès à l´éducation secondaire (18%). Le rendement des investissements au bénéfice de la population est aussi visible dans le secteur de la santé, dans lequel chaque dollar investi dans la formation des sages-femmes retourne multiplié par 16 sur l´économie du pays.

En ce qui concerne les adolescentes, les Nations Unies attirent l´attention sur le fait que, même si elles sont des acteurs clés du développement, elles sont aussi parmi les plus vulnérables aux différents défis dont les désastres naturels, le manque d’accès aux services de base, les conditions de travail inégales, la dégradation de l´environnement, l´accès limité à l´eau et l´assainissement, ainsi que les maladies hydriques.

Les défis de la pauvreté et le chômage

D’après la dernière enquête sur les ménages (ECWAS 2012), 6 sur 10,4 millions d’Haïtiens (59%) vivent sous le seuil de pauvreté de 2.42 dollars par jour et plus de 2.5 millions (24%) vivent sous le seuil de pauvreté extrême de 1.23 dollar par jour. Haïti est aussi l’un des pays les plus inégalitaires de la région des Caraïbes et de la planète, où les 20% les plus riches détiennent plus de 64% du revenu total du pays. Ces inégalités affectent notamment les plus jeunes et, selon le rapport des Objectifs du Millénaire, les jeunes de l’aire métropolitaine souffrent d’un taux de chômage record de 57 %.

En Haïti, les jeunes de 10 à 19 ans représentent 21.7% de la population. Dans cette étape cruciale de leur vie, ils ont besoin d´être mis en situation d´accomplir leur potentiel et d´avoir une vie prospère, saine et épanouie, estime le Système des Nations Unies. S´agissant particulièrement des adolescentes, des interventions spécifiques sont nécessaires pour leur permettre de faire face à certaines problématiques qui les empêchent de réaliser leur potentiel. Parmi ces obstacles, citons la violence et le viol, la grossesse précoce et la maternité chez les adolescentes. Il est aussi primordial de préserver les droits des enfants et prévenir l´exploitation infantile. Selon le Ministère des Affaires Sociales et du Travail et les derniers rapports des Nations Unies, plus de 200.000 enfants travaillent en domesticité en Haïti.

Réduire la mortalité maternelle

Les Nations Unies saluent les progrès d´Haïti dans le domaine de la santé durant les dernières années, notamment par la réduction de 10% de la mortalité des enfants de moins de 5 ans entre 2005 et 2012, ainsi que la réduction de 43% du taux de mortalité maternelle entre 1990 et 2013. Néanmoins, les Nations Unies considèrent que ces progrès ne sont pas encore suffisants et qu´il y a encore beaucoup de travail à faire, puisque le taux de mortalité maternelle en Haïti est encore parmi les plus élevés de la région Amérique et Caraïbes (380 décès pour 100.000 naissances vivantes, selon les estimations des Nations Unies).

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Source/Minustah
Photo/Archives
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