PORT-AU-PRINCE – Patrice Dumont, sénateur du département de l’Ouest, encore en fonction dans un Sénat amputé de deux tiers, a appelé la population à la révolte générale pour faire échec au projet jugé illégal de référendum constitutionnel du président Jovenel Moïse, dont l’organisation est prévue le 27 juin de l’année en cours.

Se basant sur l’article 134-2 de la Loi mère pour insister sur la fin de son mandat le 7 février 2021, le chef de l’État, Jovenel Moïse est considéré depuis quelques mois par l’opposition politique et d’autres secteurs de la vie nationale comme un usurpateur du titre de président de la République. Pourtant, celui-ci persiste et signe à organiser un référendum constitutionnel. Un projet, constatons-nous, étouffé dans l’œuf, très contesté avant même sa réalisation.

Face à la volonté manifeste du premier citoyen constesté de la nation d’avancer dans cette aventure précaire, beaucoup de personnalités politiques et d’autres invitent le peuple haïtien à lancer un cri de détresse dans ce pays de toutes les privations, rongé notamment sous le règne du PHTK, par des crises politiques aiguës, de vie chère, d’inflation et d’insécurité.

« En plus du coup d’État du 7 février 2021 au pays, ce projet de référendum est un affront qui tend à aggraver la situation du peuple haïtien. Face à de tels agissements de Jovenel Moïse, nous ne pouvons pas rester les bras en croix et laisser la mort nous envahir chez-nous », a martelé le sénateur Patrice Dumont, soutenant que la Constitution n’accorde aucune possibilité au président de se lancer dans cette démarche de référendum.

Aussi le parlementaire appelle toutes les forces vives du pays à fusionner leurs voix et faire un faisceau solide et inébranlable pour dire non à ce projet de référendum constitutionnel. Un projet, déplore-t-il, que le président veut à tout prix faire gober, en dépit des désaccords exprimés par divers secteurs nationaux et des instances internationales, notamment l’Union Européenne qui n’entend pas financer ni observer le référendum en Haïti, à cause du caractère non démocratique des aventures dans lesquelles avance le gouvernement.

« Nous demandons à toutes les personnalités politiques et de la société civile, bref, le pays tout entier, à se mettre debout comme un seul homme et d’une seule voix contre ce projet inacceptable. Nous invitons la population à manifester ses mécontentements dans toutes ses exigences dans la limite du respect de la loi », a déclaré le père conscrit qui paraît très acide par rapport à la façon dont l’héritier de Joseph Michel Martelly conduit la barque du pays depuis son intronisation à la magistrature suprême de l’État.

Source/Haïti Press Network (HPN)
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