PORT-AU-PRINCE – Je suis un citoyen haïtien, observant de très près la politique de mon pays. Mon cœur bat au côté du peuple qu’on ne cesse d’exploiter et qui souffre amèrement. Ces derniers temps, j’ai appris des choses qui m’ont révolté, qui m’ont touché au plus profond de moi-même et m’ont incité à réagir en écrivant ce court texte reflétant l’opinion d’un haïtien concerné par l’avenir de son pays et de son peuple et qui ne veut point étouffer de colère et de honte.

Tout d’abord, j’ai été frappé par la mesquinerie de deux avocats que Michel Martelly avait qualifiés d’ «avocats pauvres». Ils se sont laissés emporter par l’émotion jusqu’à être divisés justement pour être chacun candidat à la présidence. Et depuis lors, on n’entend plus parler d’eux. Sans doute, maintenant ils ont changé de statut social depuis qu’ils sont passés à l’état d’avocats riches. La vérité est qu’il n’y avait aucune sincérité, aucune conviction chez eux. Tout n’était que pour plaire à leur galerie politique.

J’ai été également frappé par les querelles post électorales au sein de la Plateforme Pitit Desalin : Moise dénonçait Assad Volcy et ce dernier dénonçait à son tour le premier. Qui pis est, une lettre de remerciements à Boulos pour ses supports financiers signée du directoire de campagne du candidat a été même publiée dans la presse justifiant bien à propos les rumeurs qui circulaient depuis la présence indécente de Daly Valet comme chef de campagne de Moise Jean-Charles. La vérité, vous ne pouvez jamais la cacher ; qu’on le veuille ou non elle finira quand bien même un jour par éclater pour montrer les vrais visages de nos politiciens.

Deux autres faits lointains qui ont refait récemment surface m’exigent à croire que le changement en Haïti pour les masses populaires n’est pas pour demain tellement le pays est saturé de traitres et d’audacieux et infesté de trop de sinécuristes.

Sur les ondes de la radio Vision 2000 à l’émission « Invité du jour » du 13 juin 2017, l’ancien député macoute de Belle-Anse, l’ancien secrétaire d’Etat de la Coordination et de l’Information, l’ancien secrétaire général du CONAJEC, l’ancien secrétaire général du (PNP) Parti National Progressiste, l’ancien Vice-Président du (PNR) Parti National Républicain, l’idéologue duvaliériste docteur Rony Gilot a été l’invité de Valéry Numa pour présenter son dernier livre : Jocelerme Privert ou les conjonctions mystérieuses de la destinée.

Au cours de l’interview, celui qui avec le Dr Roger Lafontant, Dr Serge Conille et autres espions de François Duvalier au sein de la faculté de Médecine et des Pharmacies après avoir cautionné la mort de nombreux jeunes étudiants de l’époque, déclara qu’il avait été contacté par le président Jean Bertrand Aristide lors des évènements 2001-2003 pour être ministre de l’Intérieur. Il faisait référence au moment où la bourgeoisie représentée par André Apaid et Charles Henri Baker, s’alliant aux forces macouto-duvaliéristes sous contrôle de la CIA, entamait une campagne destructrice contre le pouvoir d’alors. Apaid flanqué du groupe 184, utilisait une certaine « caravane de l’espoir », tous associés à la Convergence démocratique d’Evans Paul, Turneb Delpé, Marie Denise Claude, Micha Gaillard pour ne citer que ceux-là et la majorité des stations de radio y prenait part à cette campagne. Gilot indiqua qu’il avait décliné l’offre d’Aristide parce qu’il ne pouvait, ni ne voulait pas trahir son camp et ses alliés historiques.

Quelle dérive grave de la part d’Aristide, si tout ce que Gilot a dit est l’expression de la vérité ; mais jusqu’à nos jours, l’intéressé n’a soufflé mot. On n’a entendu aucune réponse, aucun démenti, et Fanmi Lavalas est muet là-dessus. Qui ne dit rien consent nous apprend la sagesse. En fait, le mot d’ordre makout pa ladann était un simple slogan pour amadouer les masses populaires. Il n’y avait rien qui fût de la conviction. Encore une fois, la vérité a fini par triompher.

Ce même André Apaid, cet homme d’affaire au service de la réaction internationale, dans une interview sur Magik9 le jeudi 22 juin 2017 dernier, déclara tout bonnement que tout au cours de sa campagne de déstabilisation du pays, le leader de Fanmi Lavalas, le président Jean Bertrand Aristide était passé par personne interposée pour pouvoir lui parler au téléphone. « J’ai dit qu’il n’avait pas besoin de le faire ainsi, il n’avait qu’à m’appeler. Il m’a appelé, on s’est parlé. Il y a eu de multiples négociations entre Aristide et moi, face à face. La sortie de ces négociations a débouché sur des comportements autres que ce que nous nous étions dit. Dans les rencontres, c’était de la plus grande courtoisie. Quand on sort des réunions, on a l’impression d’avoir été très bien écouté. Cependant, ce qui se passait après était des réponses très claires » a fait savoir Apaid.

Je ne pouvais le croire ; mais ce qui me rend encore perplexe, c’est que l’organisation politique Fanmi Lavalas n’a encore rien dit et n’a demandé aucun droit de réponse pour démentir celui qui est en train de révoquer des travailleurs, les fils du peuple (ceux-là qui croient encore que kapitalis se peche mòtèl), du fait qu’ils protestaient et réclamaient un ajustement de salaires. Ainsi, je commence à comprendre pourquoi, lors des dernières élections, le peuple avait choisi de rester chez lui.

En tant que lecteur assidu, je me fais le plaisir de lire tous les journaux ; c’est pour dire que je suis un fervent lecteur de l’hebdomadaire Haïti Liberté. J’ai été également surpris quand le journal faisant son travail d’avant-garde publia une photo sur sa page de couverture d’un pasteur Lavalas qui prenait langue avec les Tèt-kale particulièrement Laurent Lamothe qui était en ce temps-là ministre des Affaires Etrangères. Ce pasteur n’a pas fait silence ; mais comme on l’a pris la main dans le sac ; il ne pouvait pas se cacher ; mais dévoilait que c’était bien lui s’exposant avec Lamothe, Lambert et autres, pour ajouter ensuite qu’on lui avait payé hôtel et autres frais. Cet argent, révérend pasteur tapageur, n’est-il pas celui du peuple haïtien ? L’argent de PetroCaribe que vous avez aussi bien gargoté avec vos pairs. Allez-voir combien a dû couter ce luxueux hôtel à Orlando qui vous a tant plu, jusqu’à nous faire part de votre vertige? Cependant vous n’avez pas dit combien a été le montant de vos émoluments, si c’était par chèque ou en espèces sonnantes et trébuchantes. Nous le savons bien, les mercenaires utilisent toujours de l’argent liquide pour ne pas laisser de trace.

Autre constatation, le parti dont il est membre ne dit rien. Qui pis est, il a trouvé d’autres pasteurs, d’autres individus de son acabit pour l’applaudir, le défendre, tellement il faisait du bon travail pour le pays. Qui se ressemble, s’assemble! Comme le juge Lamarre Belizaire avait dit au fameux kidnappeur Woodly Ethéart alias Sonson Lafamilia : « Ne faites plus ça mon enfant ! » C’est ce à quoi s’attendaient les adeptes de la vérité au journal. Une sorte de kase fèy kouvri sa , grate do m, m a grate pa w. C’est mal comprendre le rôle d’Haïti Liberté !

Quelle aberration ! Aujourd’hui en Haïti, les voleurs, les zenglendos, les kidnappeurs on les considère comme des gens intelligents, des honnêtes gens, alors que les citoyens qui vivent à la sueur de leur front on les prend pour des sanzave.

Je suis profondément navré sinon indigné d’entendre avec quelle audace ce pasteur applaudissait sa forfaiture à gorge déployée ; il y a un temps cela ne se passerait pas ainsi. L’homme haïtien a-t-il perdu la faculté d’avoir honte ! A-t-il perdu l’honnêteté de demander pardon pour un acte contre nature? Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Non! Ce sont des hommes et femmes qui font la grandeur d’un pays. Si nous continuons à avoir sur la scène politique des gens qui pensent dire n’importe quoi, agir n’importe comment à leur aise sans aucune forme de critique, alors le pays est foutu ! Il nous faut respecter les principes, les normes. Il nous faut avoir un peu d’éthique dans tout ce que nous entreprenons. Certes, la vérité nuit aux menteurs, mais c’est la vérité!

Tant qu’il existera des hommes de ma trempe, et des journaux dans la ligne de Haïti Liberté, on est en droit d’espérer la victoire du peuple haïtien! Certes la vérité est une arme révolutionnaire, elle peut dans certaines circonstances mettre à nu les faux prophètes pour le salut du pays et du peuple en général.

Justice, Vérité, Indépendance est votre boussole. Tenez ferme, Haïti Liberté. Restez loin des caméléons, ne les tolérez point, pourchassez-les. Continuez votre noble tâche, car « la vérité est toujours assurée de se faire des ennemis ».

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Source/Haiti Liberté
Photo/Haiti Liberté
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J-B-Aristide