PORT-AU-PRINCE – Évoquant une « incertitude politique suite à l’interruption du processus électoral » en Haïti, les membres du conseil de sécurité estiment que le « retour du pays à l’ordre constitutionnel le plus rapidement possible » est d’importance, rapporte Honoré à la presse.

Avant que des manifestations populaires du 22 janvier 2016 notamment aient forcé l’institution électorale à reporter les compétitions, la communauté internationale réunie dans le Core Group était pour la poursuite du processus.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies semble ne voir d’autres issues à la crise haïtienne que de « conclure sans plus tarder » les élections controversées de 2015.

« Il n’y a pas d’alternative au retour à l’ordre constitutionnel qu’à travers la tenue d’élections libres, transparentes et inclusives », martèlent les membres du conseil de sécurité et leurs partenaires.

Jusqu’ici le pays n’est pas encore doté d’un gouvernement intérimaire, préalable à la publication de l’arrêté nommant les membres du Conseil électoral provisoire (Cep).

Après le rejet de l’énoncé de la déclaration de politique générale de Fritz-Alphonse Jean par la chambre des députés le 20 mars 2016, le président Jocelerme Privert vient de nommer Enex Jean Charles comme premier ministre ce 22 mars 2016.

Le premier ministre nommé a fait le dépôt de ses pièces ce 23 mars au secrétariat de la chambre des députés et est attendu au parlement ce 23 mars pour la présentation de sa déclaration de politique générale.

« Je prends note de la désignation hier [22 mars] par le président provisoire d’un nouveau premier ministre qui présentera instamment sa politique générale devant les deux chambres du parlement », déclare Sandra Honoré qui espère que « le vide gouvernemental soit comblé le plus rapidement possible ».

Les acteurs haïtiens doivent « redoubler d’efforts pour une sortie rapide de la crise politique et un retour sur le chemin de la stabilité institutionnelle à travers la tenue des élections démocratiques, inclusives et équitables », prêche l’Onu.

Les pays membres du conseil de sécurité croient que les acteurs politiques sont conscients de leur grande responsabilité qu’ils vont assumer « en toute sincérité dans l’intérêt supérieur de la nation et des citoyens ».

« Le déclin économique marqué par la chute des investissements publics et privés, une croissance économique très basse, une inflation aggravée par la sécheresse et ses effets sur la production agricole » sévissent, avec une insécurité grandissante, 1,5 millions d’Haïtiens en insécurité alimentaire pour rendre la vie quasiment invivable aux citoyens d’Haïti.

Quoiqu’après 12 ans de présence en Haïti en vue d’une stabilisation, le Conseil de sécurité de l’Onu se retrouve à plaider pour un « retour à l’ordre constitutionnel » le plus rapidement possible.

La conclusion du processus reste sur l’épaule des Haïtiens et Haïtiennes, soutient Honoré qui estime que la Minustah n’a pas échoué en Haïti.

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Source/Le Matin
Photo/Archives
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Sandra-Honore