Le Cap-Haïtien a célébré en grande pompe sa fête patronale, la Notre Dame de l’Assomption, et ses 352 ans de fondation le 15 août. Les festivités qui ont attiré un nombre impressionnant de personnes, des locaux, mais aussi des visiteurs venus de l’étranger et d’autres villes du pays, notamment de la capitale où les soirées dansantes réussies se sont fait rares cet été, se sont étendues sur plusieurs jours.

À côté des activités traditionnelles de la ville et des affiches avec groupes et artistes en vogue, le concours Miss Haïti, les populaires événements « Le Dîner en blanc » et « Le Getaway » ont planté leur décor dans la cité du roi Christophe à cette époque, amenant avec eux leur public.

Le rendez-vous était au Cap-Haïtien pour le long week-end de l’assomption. Déjà des publications sur les réseaux annonçaient la couleur. Impossible de trouver un vol pour le Cap ou une chambre dans les hôtels de la zone pour la période, disait-on. Et ce n’étaient pas juste une rumeur. Okap te plen ! Un long calendrier détaillant la programmation de chaque jour a aussi été diffusé, avec plusieurs activités par soirée. Il fallait donc choisir judicieusement ou s’arranger pour faire le va-et-vient. Après tout, le boulevard de bord de mer, artère célèbre de la cité, était comme d’habitude au cœur des festivités.

Les plus enthousiastes sont arrivés au Cap dans l’après-midi du jeudi et la ville était déjà prête à les recevoir. Quelques rapides coups de pinceaux ont été donnés çà et là. Un nettoyage en surface a été fait, en témoignent les tas d’immondices qui meublent les rues parallèles au Boulevard. Tableaux et banderoles rappellent au public les différents grands rendez-vous. Pour les friands de lecture, le mercredi 10 août la première édition du festival Livres au féminin est lancé à l’alliance française du Cap-Haïtien devant un public composé de journalistes et d’écrivaines. Ensuite au Feu-Vert, la première soirée avec Shishie n’a pas eu lieu. Le groupe Zenglen rentré des États-Unis n’y fait pas bonne recette le 11. Les fêtards ont plutôt jeté leur dévolu sur Lakay où les artistes Pierre-Jean, Charlin Bato et Toby Anbakè, accompagnés de DJ, mettent l’ambiance. Là, c’est la grande foule et la fête se poursuit jusqu’au petit matin. Il en sera ainsi pour toutes les affiches suivantes.

Le vendredi 12 août, à Villa Cana, en dehors de la ville, la salle allouée à la finale du concours Miss Haïti est remplie pour l’élection de Mideline Phelizor comme Miss Haïti 2022. Un peu plus tard, à Feu-Vert, où Arly Larivière fils aimé de la ville et son groupe Nu Look se produisent, c’est carrément un raz-de-marée. Mais rien qui affecte le kick-off party de « Le Getaway » qui se tient en même temps au restaurant Boukanye, espace qui pour l’occasion a largement dépassé sa capacité d’accueil.

Le samedi 13 août, « Le Getaway » emmène ses adeptes à Île-à-Rat. Il reste néanmoins assez de visiteurs pour la foire qui se déroule sur le boulevard. Ceux qui avaient fait le déplacement pour « Le Dîner en blanc » sont quant à eux fidèles à leur rendez-vous. Aux environs de 5 heures de l’après-midi, ils ont pris place dans leur bus respectif en direction de la location secrète qui s’est révélée être Cormier Plage. Environ 900 personnes, sur leur trente-et-un, tout de blanc vêtues, ont pris part à ce pique-nique chic et ont dansé au son de la musique des DJ Manito et Hot et de différents artistes locaux. Arly Larivière a même fait une apparition surprise pour le bonheur du public. Parallèlement, sur la Place d’armes, la grande foule est au rendez-vous pour le traditionnel concert de la Notre Dame de l’Orchestre Tropicana d’Haïti. Et tous les autres fêtards errants finissent par trouver plaisir à leur goût sur le boulevard où restaurants et bistrots se sont mis au pas pour les accueillir, haut-parleurs dirigés vers la rue, chacun servant sa musique, créant une véritable ambiance de fête et de folie.Dimanche, il devient carrément impossible de circuler dans la ville. Les retardataires et ceux qui hésitaient encore à faire le déplacement se sont clairement décidés. Cap-Haïtien est en effervescence. Le trafic est infernal. Une ambiance de carnaval règne sur le boulevard. Il faut jouer des coudes pour traverser cette large rue où la guerre de décibels bat son plein. Déjà dans la matinée, ceux qui n’avaient pas craint de braver les assauts du soleil avaient pu assister au lancement du « Haiti sailing cup », clôturée avec une prestation survoltée du rappeur trouble Boy. Dans la soirée les choix sont toujours multiples, Sunset Rosee à Fort Saint-Joseph, animation DJ en plein rue avec notamment la présence de Tony Mix, J-Perry et les DJ Bullet et Nos à Lakay… Et ces affiches trouvent tous preneurs.

Il n’y a pas que les soirées dansantes à avoir attiré les visiteurs. Certains étaient bien désireux de profiter de leur séjour à 100% et Cap-Haïtien avec ses multiples sites n’a pas déçu. Les journées étaient donc occupées par des virées en montagne ou à la mer. La Citadelle, le Palais Sans Souci, Cormier plage, Cadras, Île-à-rat, Vertières, Bois Caïman… étaient des destinations très prisées. À l’intérieur de la ville, ceux qui ne voulaient pas se mêler à la foule ont sorti chaises et haut-parleurs et ont occupé les bas-côtés des rues déjà exiguës. Les restaurants au service déjà peu performant ont été carrément dépassés alors que profitant de l’affluence les commerçants ne se sont pas gênés pour augmenter leurs prix. Mais cela n’a pas suffi pour casser l’ambiance. Le désir de faire la fête et de profiter de chaque seconde était bien plus fort.

Le 15 août, jour de la fête, la tension baisse d’un cran. Pour avoir fait la fête jusqu’aux premières lueurs du jour, certains peinent à se lever. Aussi, le Cap commence à se vider de ses invités. Ce sont surtout les fils de la ville qui assistent à la traditionnelle messe de la Notre Dame à la cathédrale aux côtés des autorités locales. Les fans de Tropicana rejoignent leur orchestre dans son fief, le Tropicana night-club, à Vertières, pour le grand gala du 59e anniversaire. Par ailleurs, même sans la grande foule, il y a encore de l’ambiance sur le Boulevard en fin de journée. Les plus téméraires, pas encore prêts à retourner à leur routine après ce week-end de folie, tâchent de prolonger cette ultime soirée jusqu’à pas possible, en attendant le prochain rendez-vous, la prochaine occasion de faire la fête. D’autres activités comme Festi Graffiti qui se tient officiellement du 16 au 22 août, mais a déjà organisé différents ateliers en prélude à son lancement ou encore le lancement de « She builds » viendront compléter et clôturer cette saison de fête.

Au Cap-Haïtien ou ailleurs. On parle déjà de décembre… Mais les Capois, les promoteurs et autres ambassadeurs pourront-ils effectivement renouveler cet exploit et ramener tout ce beau monde dans la cité du Roi Christophe à la fin de l’année ?

Source/Le Nouvelliste
Photo/Orchestre Tropicana
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