PORT-AU-PRINCE – Alors que le Pouvoir en place semble mettre le cap sur l’organisation du référendum constitutionnel et des élections générales, des leaders de l’Opposition n’attendent pas pour réagir. Le coordonnateur national du Parti Ayiti An Aksyon rejette d’un revers de main le calendrier publié par le Conseil Électoral Provisoire le 7 janvier 2021. Selon Youri Latortue, la publication des deux décrets en date du 5 janvier 2021 permettant au CEP d’avoir un cadre légal pour remplir ses missions notamment celle d’organiser le référendum constitutionnel n’est pas une démarche sérieuse.

D’entrée de jeu, l’ancien élu de l’Artibonite dit s’inscrire dans la logique de la constitution de 1987 amendée qui, dit-il, est en vigueur jusqu’à son abolition par une nouvelle constitution. La loi mère actuelle ne reconnaît nullement des modifications par voie de référendum. Elle fixe surtout la date des élections présidentielles pendant l’année qui suit la fin d’une législature.

« La 50e législature a pris fin en janvier 2020. On devrait avoir des élections en octobre 2020 et un nouveau président le 7 février 2021 », souligne Youri Latortue qui insiste que l’Exécutif est en train de provoquer non seulement la classe politique mais aussi tous les citoyens haïtiens.

Les décrets du 5 Janvier 2021 ne sont pas logiques

Bien que le référendum soit illégal, le fait que le CEP puisse inclure dans son calendrier et la réalisation du vote référendaire et l’organisation des prochaines élections est une absurdité, estime l’ancien parlementaire. Si le référendum permet l’adoption de la nouvelle constitution, les dispositions électorales seront-elles les mêmes ? L’organe devant réaliser les élections demeurera-t-il le CEP ? Les dates seront-elles modifiées ou non ? De nombreuses interrogations sont soulevées par l’opposant au pouvoir en place qui est convaincu que l’Exécutif met les charrues avant les bœufs.

Plus loin, il soutient que les actions du Gouvernement peuvent ne pas être anodines mais plutôt prémonitoires. L’Exécutif détient probablement déjà les résultats du référendum et c’est la raison pour laquelle les conseillers ont planifié d’organiser des élections générales entre 2021 et 2022. Si le référendum n’était pas un leurre, les autorités devraient attendre l’organisation du scrutin avant de décider sur les prochaines élections. Dans le cas contraire, les raisonnements de l’équipe de Jovenel Moïse sont illogiques, avance-t-il.

La désobéissance civile, une option toujours valide

La date du 7 février 2021 marque la fin du mandat présidentiel. Au lendemain de cette échéance constitutionnelle, la population doit agir par la désobéissance civile et le président Moïse sera le seul responsable de ce qu’il adviendra du pays, a martelé le responsable de la direction politique de l’opposition.

Malgré la perte de vitesse de la mobilisation anti-gouvernementale, Youri Latortue est convaincu que les citoyens n’attendent que le mot d’ordre d’un leader capable de le mener pour renverser l’actuel locataire du Palais National. Ainsi, il se réfère au mouvement contre l’insécurité organisé le 10 décembre dernier pour signifier que les manifestations de rue peuvent reprendre à tout moment.

Source/Haïti Press Network (HPN)
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