PADRE LAS CASAS – 28 migrants haïtiens rapatriés, le 17 octobre 2017 à Carisal/Elias, ont été victimes de mauvais traitements et d’abus d’autorité par des agents de la Police dominicaine. Selon leurs témoignages, ils ont passé 3 nuits dans un centre de détention à Azua avant d’être reconduits à la frontière.

Ces ressortissants haïtiens vivaient à Padre Las Casas, l’une des 10 municipalités de la province d’Azua, en République dominicaine. Ils déclarent avoir été arrêtés chez eux aux environs de 11 heures du soir, le 14 octobre 2017, par des agents de la police dominicaine de ladite municipalité. Ces derniers ont enfoncé la porte de leurs maisons pour les emmener de force.

« Ils ne nous ont pas donné la possibilité de prendre nos effets et même nos vêtements. Nous avons été bousculés par 2 d’entre eux qui nous ont contraints de monter dans un bus pour nous remettre aux agents de l’immigration dominicaine », ont témoigné plusieurs de ces migrants accueillis pieds nus, par le GARR à Belladère, avec des vêtements sales et déchirés.

Selon eux, ces agents feraient partie d’une unité de la Police dominicaine chargée de poursuivre les criminels et délinquants qui fument de la drogue en territoire dominicain.

Les ressortissants haïtiens ont indiqué avoir été fouillés avant d’être emmenés dans le centre à Azua où ils ont été gardés pendant 3 nuits sans nourriture. Ils n’ont pas eu non plus la possibilité de se doucher. Ils ont déclaré avoir inhalé une odeur nauséabonde au sein de la cellule où ils se trouvaient.

Certains des rapatriés ont souligné avoir dormi à même le sol au cours de leur emprisonnement. 1000 pesos leur auraient été réclamés en échange de leur libération.

Les migrants haïtiens ont dit constater que les ressortissants dominicains qui ont été aussi arrêtés et gardés dans le même centre carcéral ont eu pourtant un traitement différent.

Par ailleurs, plusieurs d’entre eux ont avancé que des agents dominicains de l’immigration auraient confisqué leurs téléphones portables et d’autres objets de valeur qu’ils avaient en leur possession.

Soulignons qu’une migrante haïtienne qui venait de subir une césarienne n’a pas été non plus épargnée par les opérations de rapatriement réalisées en dehors du respect du Protocole d’accord paraphé entre les deux États de l’île le 2 décembre 1999.

Le 18 octobre 2017, elle a été reconduite au point frontalier Carisal/Elias Piña en compagnie de son mari tandis qu’elle devait faire un suivi médical. Elle a été gardée pendant une nuit en prison le 17 octobre 2017.

Le GARR s’indigne du traitement inhumain infligé aux migrantes et migrants haïtiens. Il rappelle aux autorités dominicaines qu’en vertu des instruments internationaux des droits de l’homme, les personnes incarcérées ont aussi droit à la protection.

Il exhorte les autorités haïtiennes à exiger de l’État dominicain le respect des droits des ressortissantes et ressortissants haïtiens dans les opérations de rapatriement.

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Source/Le National
Photo/Archives
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