Dès le début du XXe siècle, le concept du développement humain avait été entièrement fondé sur les théories ci-mentionnées : théories cognitives, théories psychanalytiques, et théories comportementales. Ces théories, symbolisant en général le fer de lance de la psychologie moderne, ont pendant longtemps véhiculé l’approche scientifique qui régit (stimule) l’organisation de la pensée et les traits du comportement humain. Néanmoins, la perception ou la compréhension vis-à-vis de ce concept a grandement évolué puisque le monde est en pleine mutation aussi bien que les gens qui y vivent. Alors, est-ce que l’on peut toujours tenir compte de ces mêmes thèses d’apprentissage pour analyser, élucider, ou décrire le développement humain ? Autrement dit, l’analyse sur la croissance et le développement doit mettre en valeur de nouveaux éléments tout en examinant les besoins fondamentaux, les menaces, et les vulnérabilités qui affectent positivement ou négativement l’espèce humaine. Le thème de ce document, en effet, est strictement reposé sur la structure même du développement humain ; cependant, les principales problématiques qui caractérisent notre analyse sont fondées sur une notion complètement différente: l’approche des capacités.

Développement humain: L’approche des capacités

Comment pourrait-on définir (décrire) le développement humain? Vu les nouvelles données ou circonstances qui ont surgi à travers le monde, quelle est l’approche la plus efficace ou, disons mieux, la plus pragmatique pour conceptualiser et ériger le type de développement approprié? Il va sans dire que de nombreux experts ou érudits versés dans ce domaine, en particulier les psychologues, les sociologues, ou même les philosophes économistes, ont fait beaucoup de recherches et de débats à ce sujet. Ils ont aussi développé plusieurs théories et principes par rapport à ce concept. Au fait, l’objectif de la psychologie moderne du développement a toujours été de comprendre, d’expliquer, et de prévoir les comportements qui peuvent se manifester au cours de la vie d’une personne. La théorie psychanalytique, par exemple, introduite par Sigmund Freud stipule que les expériences de l’enfance et les désirs inconscients joueraient inexplicablement un rôle important dans le comportement d’un individu (Théorie du développement psychosexuel). Ainsi, les psychologues de cette tendance se sont habituellement appuyés sur le schéma physique, mental (psychique) et socioculturel, de l’enfance à l’adolescence, pour décrire le processus (théorie d’Erikson sur le développement psychosocial). Par contre, il y en a d’autres experts qui ont récemment élevé leurs voix en adoptant une approche socio-économique complètement distincte pour redéfinir les paramètres du développement. D’ailleurs, ce document, lequel est inspiré de la nouvelle et dernière notion, ne prend aucunement en considération les thèses de l’ancienne école cognitive ou psychanalytique. Il est plutôt centré sur les critiques thématiques de la condition humaine afin d’examiner et de faire avancer le processus du développement humain.

Plusieurs théories du développement fournissent un certain cadre sur la croissance et sur le développement ; cependant, le concept du développement humain est une question beaucoup plus complexe et diversifiée ; et tout le monde doit en quelque sorte avoir une certaine compréhension ou interprétation du sujet. En outre, il est impératif de savoir comment et pourquoi les gens grandissent, apprennent, et agissent comme ils le font habituellement (Amartya Sen, 1999). En un mot, cette thèse se concentre spécifiquement sur les études de la condition humaine, et son essence principale est l’approche des capacités.

En fait, ce concept a été développé dans les années 1970 par le célèbre économiste Dr. Mahbub Ul Haq (Pakistan), et ceci, plus tard, a été exposé au public par de brillants chercheurs tels que Amartya Sen (1999), Martha Nussbaum (2000) et Sabina Alkire (2002). Selon ces intellectuels, l’avancement du développement humain doit être axé sur la façon de développer ou d’augmenter les choix et les opportunités des individus, lesquels leur permettraient en retour de mener une vie agréable et normale. Ainsi, ils définissent ce concept comme: « le processus d’expansion ou l’épanouissement de la vie humaine tout en laissant aux gens de décider librement qui ils sont, quoi faire, et comment vivre » (2000). Ils croient également que les indicateurs monétaires ne devraient pas être utilisés comme des instruments de base pour décrire (appliquer) cette notion. D’où la question d’extrême urgence qui m’est venue hanter l’esprit : comment pourrait-on la conceptualiser pour améliorer le développement humain au cas où cette approche ne devrait utiliser aucun facteur ou élément qui est en rapport a la recherche de l’économie?

L’approche des capacités: Un facteur social, économique:

Best Start a déclaré: «Les facteurs environnementaux et biologiques qui influent sur la croissance et le développement d’un enfant existent tout d’abord au niveau de l’enfant, ensuite au niveau de la famille et de la collectivité, et enfin au niveau de la société en général» (PNUD, 2015, p.10). C’est-à-dire, les paramètres de logement d’un enfant peuvent influencer son développement à tout niveau. La même chose se produirait au niveau de la famille si la maison était complètement encombrée. Ensuite, le taux de criminalité et les environnements nocifs peuvent également influencer sur le développement de l’enfant au niveau de la communauté. Tout compte fait, un enfant issu de parents pauvres ou d’une famille à faible revenu pourrait être affecté de façon négative au niveau de la société.

Ainsi, ce processus de développement humain est une approche assez conceptuelle et très méthodique en même temps. Tout cela spécifie la nécessité d’une éducation beaucoup plus soigneuse, des conditions adéquates du travail, et aussi une latitude d’actions beaucoup plus grandes afin que les gens puissent vivre le mode de vie auquel ils aspirent. Et cela pourrait être réalisé en les aidant à développer certaines aptitudes ou compétences, et en leur procurant aussi les moyens nécessaires pour qu’ils puissent fonctionner convenablement. Par exemple, quelqu’un qui n’a pas accès au marché d’emplois, ou bien qui ne reflète pas les compétences appropriées (requises) par rapport à telle profession ou tel domaine pourrait ne pas être en mesure de parachever (compléter) avec succès sa croissance, même si cette personne-là peut détenir un diplôme d’études supérieures (universitaires). En outre, il existe une très grande différence entre quelqu’un qui choisit d’abandonner volontairement ses rêves académiques et celui ou celle qui désirerait poursuivre ses études, mais n’a aucune capacité économique de le faire.

Ainsi, l’idée est fondée sur le concept de l’approche des capacités; C’est-à-dire, ce que les gens peuvent accomplir si un minimum de ressources adéquates leur a été fourni. Cette approche est construite comme un cadre normatif et compte trois éléments de base afin que quelqu’un puisse poursuivre une vie correcte (acceptable). On doit : au prime abord, avoir un plan médical adéquat; puis un accès à l’éducation et à la connaissance en général; enfin exhiber (afficher) au moins un niveau de vie décente et saine (Amartya Sen, 1999; Martha Nussbaum, 2001).

D’ailleurs, cette notion prouve, pour qu’une personne grandisse et se développe comme il faut, on doit respecter et suivre certains principes qui régissent l’équilibre de la vie. Autrement dit, on doit maintenir un mode de vie saine, être en mesure de prévenir (empêcher) certaines situations ou conditions chaotiques, comme les accidents ou la mort prématurée, lesquelles pourraient causer des dommages à la nature humaine. En un mot, on doit se protéger contre toute entreprise risquée (naturelle ou non naturelle). De plus, le concept montre que l’accès à l’éducation et à l’information (connaissance) est absolument impératif dans cette nouvelle ère de la technologie et de la mondialisation, et par conséquent, est fondamental (indispensable) dans l’avenir d’un individu. Par exemple, les citoyens peu scolarisés (dotant d’une éducation faible ou inadéquate) se trouveraient dans une position extrêmement difficile s’ils veulent réussir au sein de leur société. Aujourd’hui, l’éducation semble être la voie la plus sûre si l’on veut atteindre un statut social et économique assez confortable. C’est la raison pour laquelle cette approche met une bouchée double sur la rémunération ou le salaire, qui est considéré comme l’un des facteurs primordiaux pour arriver à un niveau de vie décente. À défaut de ces moyens, la capacité de croître ou de se développer convenablement serait très pénible.

En outre, il existe encore six facteurs importants qui intègrent et soutiennent ce modèle de développement humain (PNUD 2015).

• Équité : Toute personne a droit à l’éducation et aux soins de santé.

• Durabilité se définit comme le moyen de gagner à court et à long terme un salaire raisonnable afin de nous soutenir et d’aider en même temps notre famille.

• La productivité permet aux gens de participer pleinement à toute activité qui prône l’épanouissement ou la grandeur de leur société.

• L’autonomisation est caractérisée par la liberté des gens de prendre des décisions qui affecteraient personnellement leur vie.

• La coopération implique la cohésion sociale, ce qui signifie de travailler avec les autres au sein des communautés et des familles.

• La sécurité se concentre sur les risques et les menaces qui peuvent mettre en péril le processus de développement humain.

Suivant cette approche, les personnes en mesure de gérer (d’utiliser) correctement ces capacités de base devraient s’ajuster convenablement en rapport avec leur milieu, jouir d’une plus grande liberté, et gagner le respect total de leurs pairs et de la société en général (Martha Nussbaum, 2000). En conséquence, ces individus dotés d’une bonne compétence auraient la capacité de grandir comme il faut et de projeter beaucoup mieux leur vision d’une vie décente. Par exemple, les adolescents, venant des familles aisées de la haute classe moyenne et habitant dans les zones suburbaines, auraient beaucoup plus de chance ou de capacité pour atteindre facilement toutes les fondations de base et gérer leur vie correctement. Alors que ceux, faiblement fournis de moyens nécessaires ou encore qui manquent de qualifications requises, seraient en difficulté de naviguer leur navire à bon port ou jusqu’à la destination finale. Autrement dit, les adolescents qui sont originaires des ghettos ou des quartiers en manque d’infrastructures auraient toujours à faire face à d’énormes pressions afin de subvenir même aux besoins les plus élémentaires, vu la situation sociale et économique de leurs parents. De ce fait, ils auront une tendance à échouer beaucoup plus rapidement au cours de leur vie ; et ensuite leurs enfants ou futurs petits-enfants seraient probablement confrontés à ces mêmes contraintes sociales ou difficultés économiques si le cycle continue à se répéter.

De toute façon, après avoir acquis certaines capacités essentielles, les gens devraient avoir le contrôle de leur environnement afin d’exercer leurs droits et de participer à toutes les décisions qui affecteraient leur vie. C’est pourquoi cette notion de développement humain plaide toujours en faveur de la santé pour tous, de la liberté de choix, et de meilleures conditions de travail (Sen, 1999). Aussi, elle stipule que le développement intellectuel est proportionnellement lié au libre accès à l’éducation.

D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS) a caractérisé le développement comme l’avenir avec beaucoup d’espoir et de guérison, car nous ne pouvons pas parler de développement humain sans mettre l’accent sur une vie longue et saine. De plus, il existe de nombreux facteurs, tels que le VIH / sida et le paludisme, etc., qui pourraient définitivement léser ce concept de développement. Par conséquent, le maintien de bonnes normes de santé est primordial pour la réalisation de ce processus de développement humain. Enfin, mener un niveau de vie décente est normalement en conformité avec le concept du travail puisque ce dernier représente un facteur important dans le processus de développement humain.

Le concept du travail vis-à-vis au développement humain

En fait, le travail, à travers la notion du salaire, est l’ultime ingrédient concernant cette approche. Il permet aux gens d’être plus flexibles par rapport à leurs choix, tout en développant leur potentiel humain, et en leur rendant en même temps beaucoup plus productifs et intéressants (Selim Jahan, 2015). Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), il existe cinq critères qui pourraient caractériser la dynamique du travail et le processus de développement humain.

• Identifier la relation intrinsèque positive entre le travail et le développement humain – le travail contribue à stimuler la notion des capacités en répartissant un salaire équitable et en garantissant une croissance continue.

• Reconnaître la valeur du travail et son impact sur le développement humain – par exemple, un individu, qui travaille, possède en même temps la capacité d’aider d’autres personnes qui sont incapables. Tout cela permet, bien sûr, de développer une certaine cohésion sociale et de renforcer l’unité au sein des communautés parce que les plus petits gestes de bonté ont toujours un effet positif sur les autres.

• Repenser la nouvelle sphère du travail, où ses notions ainsi que son mode de fonctionnement ont changé. La mondialisation (globalisation) et la révolution numérique nous ont apporté d’excellentes opportunités ; car aujourd’hui, les gens peuvent travailler n’importe où. Par conséquent, ne devrions-nous pas évaluer ces nouveaux éléments afin de voir s’ils améliorent réellement le développement humain?

• Redéployer la notion de travail durable afin de l’incorporer dans les objectifs d’un développement stable – Certains types d’activités pour citer à juste titre, les travaux forcés et les industries à caractère nocif, peuvent nuire au processus du développement humain. Par conséquent, la qualité au sein du travail doit être obligatoire et soutenue pendant de longues périodes.

• La promotion de bonnes options politiques doit être une condition sine qua non pour réorienter, réinventer et réorganiser le travail. Sans aucun cadre d’une politique publique ferme ou d’une législation soigneuse et compétente qui renforce la qualité et l’impartialité dans ce domaine, cette sphère d’activité en elle-même ne peut pas améliorer le processus de développement humain.

Par conséquent, la notion du travail est, suivant certains économistes, un carrefour important que l’on doit nécessairement utiliser pour atteindre le processus du développement humain.

Conclusion

Dans l’ensemble, l’essence même du développement humain est que l’espèce humaine, quels que soient son âge, sa race, son ethnicité, et son statut social, aurait à affronter ces mêmes obstacles socio-économiques, et environnementaux. Et ces derniers auraient inévitablement un impact fondamental sur le contenu du développement (France Stewart, 2002). Comme on le sait déjà, les spectres de vulnérabilité résultant des inégalités sociales, des environnements préjudiciables (exclusions), et aussi des stigmates de la pauvreté, nuiraient inéluctablement au développement de tout être humain, en particulier des jeunes. Autrement dit, une personne dépourvue des besoins nécessaires tout au long de sa vie, aurait probablement beaucoup de difficultés pour atteindre ses objectifs ou ses rêves personnels et, pire encore, pour exceller dans la vie commune. Ainsi, ce concept de développement humain (l’approche des capacités) semble être beaucoup plus pratique que toutes ces théories cognitives ou psychanalytiques désuètes puisqu’il tient compte de la réalité de tous les jours. Aussi, il garantit (affiche) beaucoup plus de flexibilité aux individus afin qu’ils puissent grandir et se développer suivant leurs moyens ou leurs capacités. En l’absence de ces ressources ou de ces opportunités, le processus de développement serait vraiment douloureux et les gens ne seraient pas en mesure d’atteindre le type de vie qu’ils souhaiteraient.

Enfin, le Programme des Nations Unies pour le développement a défini le développement humain comme « une mesure des réalisations humaines, y compris les changements biologiques, l’avancement des connaissances et des habitudes sur de longues périodes » (2015).

Ronald Sam N.

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