Donald Trump

WASHINGTON DC – De sa candidature jusqu’à la présidence des États-Unis, les relations entre Donald Trump et le Kremlin n’en finissent plus de nourrir les soupçons. Dernier en date: le milliardaire aurait travaillé pour le compte de la Russie.

Comment en est-on arrivé à une accusation aussi extraordinaire contre un président des États-Unis en exercice? L’intéressé a beau se défendre vigoureusement, plusieurs éléments alimentent les suspicions:
Les deux dirigeants se sont rencontrés à cinq reprises depuis l’investiture de Donald Trump, dont deux fois en tête-à-tête.
Le Washington Post a révélé samedi qu’il n’existait aucun compte-rendu détaillé de leurs discussions. À l’issue d’un de ces entretiens, à Hambourg en juillet 2017, l’Américain aurait même pris possession des notes de son interprète, lui demandant de ne pas partager la teneur de la conversation, écrit le quotidien.
Et à chaque fois, Donald Trump s’est montré plutôt conciliant avec son homologue russe.

Après leur premier sommet bilatéral à Helsinki le 16 juillet 2018, il a ainsi semblé accepter les dénégations du maître du Kremlin sur la question de l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, pourtant attestée par le FBI et les agences américaines du renseignement.

Pourquoi Vladimir Poutine, «un ancien agent du KGB qui n’a jamais été amical avec les États-Unis» est-il «le meilleur copain du président Trump?», s’est interrogé le sénateur démocrate Richard Durbin.
«J’ai des tête-à-tête avec tous les dirigeants», a rétorqué lundi le 45e président américain. «J’ai une bonne relation avec la Russie, la Chine, le Japon, l’Inde… C’est une bonne chose, pas une mauvaise.»

En mai 2017, Donald Trump limoge le chef du FBI James Comey officiellement accusé d’avoir mal géré l’enquête contre sa rivale démocrate Hillary Clinton dans l’affaire de ses courriels
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C’est ce limogeage qui, selon le New York Times, a poussé le FBI à ouvrir une enquête de contre-espionnage contre le président en 2017.

La police fédérale soupçonne en effet Donald Trump de s’être débarrassé de James Comey, parce que celui-ci refusait de mettre un terme aux premières investigations sur une éventuelle collusion entre le Kremlin et son équipe de campagne.
«Le FBI était en pleine tourmente», a rétorqué samedi le président. «Mon limogeage de James Comey a été un grand jour pour l’Amérique. C’était un flic véreux.»
Le lendemain de ce limogeage, Donald Trump recevait à la Maison-Blanche le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

À cette occasion, il a, selon la presse, livré des informations ultra sensibles communiquées par Israël sur le groupe État islamique (EI) sans que le gouvernement israélien ait donné son accord. Il a assuré ensuite l’avoir fait «pour des raisons humanitaires».

Pour éteindre le scandale suscité par le limogeage du chef du FBI, l’enquête russe a été confiée au procureur spécial Robert Mueller. Loin de blanchir le président, il a, en 20 mois, dressé le tableau de liens multiples entre plusieurs membres de son entourage et Moscou.

Il a notamment établi que son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, avait transmis des sondages électoraux à un de ses anciens associés, un Russe soupçonné d’être lié aux services de renseignement de son pays.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, a lui reconnu avoir menti sur ses échanges avec l’ambassadeur de Russie aux États-Unis entre l’élection et la prise de fonction du milliardaire new-yorkais. Il lui aurait promis que la nouvelle administration reviendrait sur des sanctions adoptées par le président sortant Barack Obama contre Moscou.

À partir des années 2000, la Trump Organization a vendu des propriétés aux États-Unis à de riches russes, dont certains soupçonnés d’avoir voulu ainsi blanchir des fonds. De nombreuses interrogations portent sur une transaction de 2008: un oligarque ayant payé 95 millions de dollars pour une propriété achetée 41 millions par M. Trump quatre ans plus tôt.

En parallèle, Donald Trump a relancé en 2015 un vieux rêve: construire une Trump Tower de 100 étages à Moscou. Les discussions à ce sujet se sont poursuivies jusqu’en juin 2016 en pleine campagne présidentielle, a révélé récemment son ancien avocat, Michael Cohen.

Source/TVA Nouvelles
Photo/Archives
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