PORT-AU-PRINCE – Accusé d’avoir des relations particulières avec Joseph Félix Badio considéré comme l’un des suspects clés dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, le Premier ministre Ariel Henry pour la première nie toute implication dans l’assassinat du chef de l’Etat chez lui le 7 juillet 2021. En conférence de presse vendredi à l’issue d’une rencontre avec les signataires de l’accord de Montana, le locataire de la Primature affirme que toutes ses conversations téléphoniques sont enregistrées…

« Il y a ce qu’on appelle la machination politique. Les articles publiés par le New Times et CNN ce sont des machinations politiques provenant d’un même laboratoire », a dénoncé le Premier ministre Ariel Henry objet de graves accusations dans l’assassinat du président Jovenel Moïse.

« Aucun juge ne m’a ni accusé ni inculpé. Je ne suis pas impliqué dans la mort du président. Parce que je suis Premier ministre, ils pensent pouvoir assassiner mon caractère. Moi je dis que nous ne tomberons pas dans ces distractions », a soutenu le Dr Henry.

Ariel Henry a également indiqué qu’il n’a jamais été invité par un juge dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse. « Ceux qui veulent assassiner une personne politiquement inventent toutes sortes de choses », a-t-il tancé.

Alors que le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse a été déjà confié à trois juges qui se sont consécutivement déportés et qu’actuellement l’instruction est à l’arrêt, Ariel Henry a affirmé qu’il y a une enquête nationale en cours et aussi une enquête internationale en cours. « Dans l’enquête internationale, il y a l’accompagnement et l’accord du gouvernement. Et, nous leur donnerons toutes les facilités… », a informé le Premier ministre.

Comme pour répondre aux accusations selon lesquelles il avait plusieurs appels téléphoniques avec Joseph Félix Badio en cavale, considéré comme l’un des principaux auteurs dans l’assassinat du président Jouvenel, Moïse Ariel Henry a déclaré que ses conversations téléphoniques sont enregistrées. « Toutes les conversations faites à partir de mon téléphone sont des conversations enregistrées. Donc, on peut retracer ce que je dis », a-t-il affirmé.

« Je suis certain que bientôt on saura toute la vérité sur ce qui s’est passé », a annoncé le chef du gouvernement.

« Je n’interfère pas dans la justice. Je n’ai jamais lu le rapport d’enquête de la police disponible partout sur le net. J’attends que la justice me dise les noms des personnes coupables, ceux qui ont tué le président, les auteurs intellectuels et financiers de la mort du président. C’est ce que j’attends », a lancé le Premier ministre.

Le New York Times, dans un article publié en janvier dernier, indiquait que le Premier ministre Ariel Henry avait des liens étroits avec Joseph Félix Badio, l’un des suspects clés dans l’assassinat du président Jovenel Moïse. Les deux sont restés en contact étroit même après les faits, a indiqué le New York Times, qui avait interviewé Rodolphe Jaar avant son arrestation vendredi dernier.

Le RNDDH, dans un rapport critique sur la stagnation de l’enquête, six mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse, avait évoqué les contacts téléphoniques entre Joseph Félix Badio, l’un des cerveaux présumés du crime avec le PM Ariel Henry.

« La nuit fatidique de cet assassinat, à partir d’une heure du matin, Joseph Félix Badio s’est entretenu avec Marie Jude Gilbert Dragon, John Joël Joseph, Marie Jude Jacques Nau alias Jacky Nau, Dimitri Hérard, Jude Laurent et Ariel Henry, l’actuel premier ministre. Et, alors que l’actuel premier ministre Ariel Henry affirme avoir oublié la teneur de ses discussions avec Joseph Félix Badio, il convient de noter qu’ils se sont entretenus au moins douze fois. Les deux derniers appels ont été passés entre eux la nuit-même de l’assassinat de la victime », selon le RNDDH.

Source/Le Nouvelliste
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