PORT-AU-PRINCE – Suite à l’arrêté présidentiel publié lundi dans le journal officiel du pays Le Moniteur, duquel le pouvoir Exécutif semble vouloir couper les ailes au directeur général de la Police nationale d’Haïti, les réactions pleuvent comme une pluie torrentielle. Les interrogations y relatives n’arrêtent pas d’alimenter les débats de toutes parts. Certains pensent que l’Exécutif n’entend, par cet arrêté, casser les ailes de Michel-Ange Gédéon pour l’empêcher de voler.

Notons d’emblée que cet arrêté paru en date du 28 mai fait injonction à la Direction générale de la PNH de soumettre au Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) pour approbation, toutes décisions concernant, entre autres, les nominations, les transferts, la rémunération, la formation, le renforcement des effectifs et la discipline au sein de l’institution policière.

Une décision qui irrite de nombreux observateurs, notamment les organismes de défense des droits humains qui dénoncent cet arrêté présidentiel, duquel ils disent voir la volonté d’une main- mise du gouvernement sur la Police qui est une institution apolitique.

Si du côté du directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon, il y a encore un silence pesant, des parlementaires n’ont pas tardé à réagir.
Parlant de cet arrêté, le sénateur Francenet Dénius a attiré l’attention sur la violation flagrante de l’article 13 de la Loi portant création de la Police nationale d’Haïti. Le parlementaire demande donc à l’Exécutif de porter des explications claires et précises sur sa décision qui fait déjà des gorges chaudes.

Toujours dans le cadre de ce dossier, la Commission justice et sécurité du Sénat de la République a adressé une correspondance au président de l’Assemblée nationale, Joseph Lambert lui demandant d’inviter le CSPN, structure hautement politique, à une séance de travail le vendredi 1er juin 2018 à 11 heures du matin.

Par ailleurs, l’ex-Secrétaire d’État à la sécurité publique, l’ancien colonel Himmler Rébu a donné quorum à l’Exécutif dans cette décision. Selon l’ex-officier des anciennes forces armées d’Haïti, il est normal que les autorités politiques soient au courant des mesures prises au sein de la Police.

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Source/Haiti Press Network
Photo/Archives
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