PORT-AU-PRINCE – Une semaine après la fin du programme dominicain d’enregistrement des étrangers, le gouvernement haïtien déplore d’avoir à gérer l’afflux de 14 000 personnes expulsées, dont certaines sont désormais apatrides.

Evans Paul reconnaît les lacunes de l’Etat haïtien pour aider les familles de migrants, mais dénonce par ailleurs les discriminations raciales qui poussent ces milliers de personnes à fuir la République dominicaine voisine.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Evans Paul ne veut pas se fâcher avec la République dominicaine et reconnaît au pays voisin le droit d’expulser les migrants en situation irrégulière, mais dans la dignité et le respect de leurs droits.

Et le Premier ministre haïtien en appelle à l’aide de la communauté internationale pour résoudre le cas des: « L’aspect qui concerne l’apatridie dépasse la compétence du gouvernement haïtien. Nous devons coûte que coûte nous référer aux instances internationales […]. Le problème, c’est que les Dominicains utilisent ce que j’appelle un subterfuge pour créer un amalgame entre nationalité et race. »

Les Dominicains seraient-ils, selon le chef de l’exécutif haïtien, racistes ? « Je n’ai jamais utilisé ce mot. Je préfère utiliser le mot discriminatoire. »

Ces discriminations raciales en République dominicaine ont déjà poussé plus de 14 000 personnes à revenir en Haïti et le pays n’écarte pas la possibilité de sanctions économiques, comme l’interdiction de produits dominicains sur son sol. Mais Evans Paul a annoncé que cette mesure extrême ne pourrait être prise sur le coup de l’émotion.

Source/RFI
Photo/Archives
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