NORD, NORD EST – Il se passe des choses de plus en plus grandioses dans un arc de cercle situé entre la mer, les communes de la plaine de Limonade, de Caracol et de Trou-du-Nord et les contreforts du massif septentrional. Les plus grandes exploitations agricoles du pays côtoient les plus grands parcs industriels du pays, CODEVI et Caracol, le plus moderne de nos campus universitaires et un parc de réserve marine, celui des trois baies.

Il faut aller sur place pour voir et croire qu’en moins de cinq ans le Nord et le Nord-Est, dans ce coin du littoral, se transforment en un corridor où des investissements intelligents créent des emplois. Le capital international comme celui du plus petit marchand se meuvent dans un bassin prospère. La plantation la plus impressionnante est celle de Agritrans S.A. qui œuvre dans l’agriculture biologique.

Sur 1000 hectares vous avez la plus grande ferme du pays. Le projet est ambitieux et les techniques utilisées modernes. Appuyés par la France et l’Allemagne, renforcés de techniciens israéliens, costaricains, cubains et dominicains, les propriétaires de l’exploitation, les paysans comme les investisseurs, espèrent exporter les premiers régimes de figues-bananes d’ici le mois de juin vers l’Europe. Limitrophe à la plantation, les 130 hectares des liqueurs Grand Marnier, en exploitation depuis six ans, expédient déjà des écorces d’oranges amères vers la maison mère qui se trouve en France.

Les oranges de Limonade sont dans les verres du monde entier. Les paysans ont les plus hauts salaires journaliers de la zone et les conditions de mise en culture soulèvent l’admiration. Grand Marnier c’est du travail bien fait et des résultats tangibles. Un autre projet agricole, celui de Sisalco S.A., propose une autre approche. Une usine de transformation du sisal se propose d’acheter la production de petits producteurs qui resteraient maîtres de leur terre et de leur sort.

Dans une zone qui abritait un grand propriétaire terrien, le premier exportateur mondial de cette fibre naturelle qu’est la pite, les Plantations Dauphin, l’approche est assez originale. Si un après-midi vous êtes sur la route sillonnée par des autobus des deux parcs industriels de la zone, celui de Codevi, vieux déjà de dix ans et celui de Caracol, vous rencontrerez des ouvriers heureux de rentrer chez eux fourbus après une journée de travail. Ils s’éparpillent dans les sillons des chemins sinueux qui les conduisent à leur demeure.

Depuis quelques années, il y a de plus en plus de travailleurs dans la zone et les salaires réguliers et nombreux changent la donne dans cette zone rurale qui prend rapidement les habitudes de la grande ville. Les étudiants se mêlent dans cette nouvelle géographie de ce couloir qui va de Ouanaminthe au Cap-Haïtien comme le Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont essayé de le définir à la fin du mois de mars en organisant un important colloque avec tous ceux qui interviennent à un titre ou un autre dans la région. Histoire de coordonner, de faire connaître, d’inviter à des synergies.

D’ailleurs, les assises se sont tenues sur le campus de Limonade de l’Université d’Etat d’Haïti. La difficulté dans ce nouveau pôle de richesse, car c’est bien de cela qu’il s’agit avec les plus de quinze mille ouvriers qui reçoivent leurs salaires régulièrement des industries et des plantations (d’autres grandes exploitations sont annoncées pour bientôt) installées dans la zone, l’Etat a un devoir de maison à faire.

Les candidats aux prochaines élections aussi : comment préserver, agrandir et faire prospérer cette solution alternative à Port-au-Prince qu’est en train de devenir le grand Nord ?

Source/Le Nouvelliste

Photo/Archives

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