PORT-AU-PRINCE – Le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) se dit profondément alarmé par les manifestations intempestives d’élèves, issus de différentes écoles publiques, dans plusieurs villes d’Haïti.

Le Menfp dénonce une « pratique abusive et non éthique », de la part d’enseignants, qui utiliseraient les élèves, éternelles victimes, en réalité, des grèves, dans un communiqué de presse en date du 28 février 2018, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Depuis plusieurs semaines, des milliers d’élèves réclament la présence des enseignantes et enseignants dans les salles de classes des écoles publiques, qui fonctionnent au ralenti à cause de la grève des enseignants, réclamant plusieurs mois d’arriérés de traitements.

Cette semaine, les élèves ont gagné les rues de la capitale, Port-au-Prince, ainsi que des villes Petit-Goâve (département de l’Ouest), Cap-Haïtien (Nord), Gonaïves (Artibonite), pour exiger la reprise des cours.

Ces élèves dénoncent le laxisme du Menfp, en ce qui a trait à la nomination et aux arriérés de traitements des enseignantes et enseignants, dans le secteur public.

Des élèves du lycée Faustin Soulouque de Petit-Goâve(à 68 km au sud de Port-au-Prince), du lycée de Duvivier de Cité Soleil (Ouest) ont été blessés, lors d’échauffourées, le 28 février 2018, avec des unités de la Police nationale d’Haïti (Pnh), qui ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser leur mouvement.

La Pnh a également procédé à l’arrestation de deux élèves, qui ont été ensuite libérés le même jour.

Le mouvement d’élèves a provoqué des bouchons considérables sur la wout nèf (en provenance et en direction de Cité Soleil), fermée aux automobilistes, les mercredi 28 février 2018 et jeudi 1er mars 2018. D’où des difficultés de circulation automobile dans 6 départements géographiques (Ouest, Plateau central, Artiboinite, Nord-Ouest, Nord et Nord-Est).

Le mercredi 28 février 2018, un nombre indéterminé de pare-brise de véhicules ont été brisés, lors des échauffourées à Petit-Goâve.

Le jeudi 1er mars 2018, deux policiers nationaux auraient été blessés, lors d’une nouvelle manifestation d’élèves à Petit-Goâve.

Des dispositions institutionnelles seraient en cours, pour résoudre les problèmes de nomination et des arriérés de traitements, souligne le Menfp, qui reconnaît le droit de toute enseignante et de tout enseignant de faire valoir leurs revendications.

Sur un effectif de 113 enseignantes et enseignants au lycée Tertulien Guilbaud de Port-de-Paix (département du Nord-Ouest), 105 sont budgétisés et reçoivent régulièrement leur salaire, indique le Menfp.

Au lycée Faustin Soulouque de Petit-Goâve, sur 104 enseignantes et enseignants, 98 reçoivent régulièrement leur salaire.

Au lycée Sténio Vincent de Saint Marc (Artibonite), sur 102 enseignantes et enseignants recensés, seulement 5 ne sont pas encore émargés au budget de l’État.

D’autres cas sont en cours de traitement.
Evoquant la présence d’enseignantes et d’enseignants, sans titre ni qualité, qui se retrouveraient actuellement en salles de classes, le Menfp s’interroge.sur « la probité, l’éthique et la morale d’un enseignant, qui est régulièrement payé et qui n’assume pas son cours, mais incite les élèves à gagner les rues ».

Des directeurs de lycées auraient fait fi de leur responsabilité, qui consiste à veiller sur la bonne marche de leurs établissements scolaires, condamne-t-il.

Tout en lançant une mise en garde à tous les concernés, le Menfp invite les enseignantes et enseignants à reprendre leurs cours immédiatement, afin d’éviter des sanctions disciplinaires et légales.

CLIQUEZ ICI POUR EN SAVOIR PLUS

Source/AlterPresse
Photo/Archives
www.anmwe.com

etudiants