PORT-AU-PRINCE – Un incendie a ravagé dimanche un marché de textiles à Port-au-Prince, moins d’une semaine après un autre feu ayant dévasté le marché historique de la capitale haïtienne, prouvant encore la faible capacité de réponse des autorités et l’immense précarité des commerçants informels.

Les rares camions de pompiers municipaux ont été dépêchés sur place ainsi que des camions-citernes privés. Des camions de la police haïtienne et des Nations unies équipés de lances à eau, normalement dédiés à la gestion de foule, ont également été mobilisés.

Devant le manque de coordination, le maire de la capitale n’a pu que regretter la confusion due à une absence totale de planification contre les incendies.

«C’est la faiblesse de l’État, des collectivités, la faiblesse d’Haïti. Ce nouvel incendie aurait peut-être pu être évité, mais les équipements ne sont pas là», a reconnu le maire Youri Chevry. «C’est notre faute à nous tous, tous les Haïtiens. On n’est pas bon, on a un problème et il faut que l’on gère nos priorités».

Sur place, des dizaines de petits commerçants, impuissants, observent les allers et venues des camions et voitures de police.

«J’ai deux enfants et je suis seule pour les faire vivre, car mon mari est mort le 12 janvier (2010, jour du séisme qui a tué plus de 200 000 personnes en Haïti», témoigne Claudinette Joseph, qui travaillait depuis 15 ans dans le bâtiment d’où s’échappe une colonne de fumée grise. «Avec deux amies marchandes, on avait pu obtenir un emprunt de 200 000 gourdes (environ 3 130 dollars) pour investir un peu plus, mais tout notre stock a brûlé dans le marché. Comment va-t-on faire pour rembourser ce crédit?», questionne la femme qui retient ses larmes.

La marchande prend entre ses bras un jeune homme, lui totalement abattu: Junior, 24 ans, s’était endetté pour acheter une cinquantaine de paires de baskets.

Travaillant sans aucune assurance, l’incendie signe la perte de la maigre fortune de dizaines de petits commerçants.

Mardi déjà, le marché historique de Port-au-Prince avait partiellement été ravagé par les flammes. Sans compter les stocks de marchandises détruits, le coût de la seule destruction du bâtiment historique est estimé entre 5 et 7 millions de dollars américains.

«Depuis 2005, on compte 17 incendies de marchés et aucune enquête n’a abouti pour déterminer l’origine de ces feux et pour déterminer les responsabilités», rappelle Jude Édouard Pierre, maire de Carrefour, l’une des neuf communes de l’aire métropolitaine.

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Source/TVA Nouvelles
Photo/TVA Nouvelles
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